Le Cavalier Romand
14.02.2003

CSI-W/CAI-W de Bordeaux: Fuchs et Barbeau en-haut

Suite à l´incendie du camion de Willi Melliger, les cavaliers suisses ont eu du mal à ralier les bords de la Gironde, mais, une fois à quai, ils ont fait feu de tout bois. Comme pour oublier ces incidents et savourer le bonheur d´être là, avec des chevaux sains et saufs. Markus Fuchs a remporté deux épreuves, dont la pré-qualificative Coupe du monde, et la 3e place de Granie dans le GP Coupe du monde lui permettait surtout de prendre les commandes du classement général. Quant à Christophe Barbeau, 5e exaequo de l´épreuve-phare et 7e de l´autre GP avec sa bondissante Querly-Chin, il peut désormais rêver de Las Vegas... Appelé à la rescousse suite à l´incendie du camion de Willi Melliger (lire l´article à ce sujet, Christophe Barbeau a pu prendre les chevaux de Markus Fuchs "au vol", mais il n´a débarqué que le vendredi à 6 heures du matin en Gironde. Deux heures plus tard commençait le warm-up, six heures plus tard l´épreuve d´ouverture. Pourtant, ni les uns ni les autres ne semblèrent se ressentir de leurs terribles émotions et de leur nuit (presque) blanche... Markus Fuchs fut même le héros de la première soirée. Montant une Granie 5 plus réactive et explosive que jamais, Fuchs survola en effet la pré-qualificative Coupe du monde. A l´arrivée, plus de trois secondes d´avance sur Hubert Bourdy et Eve des Etisses, 2es et très rapides aussi, près de sept secondes sur Marco Kutscher, 3e avec Controe, douze sur Eric van der Vleuten, 4e avec Castana et particulièrement méritant. Victime d´une terrible chute l´après-midi, le Néerlandais n´avait-il pas dû être conduit à l´hôpital durant la pause (dix points de suture à la lèvre et quatre dents en moins...)? 14e, Christophe Barbeau se serait hissé à la 4e place sans une faute de Querly-Chin sur le Spa (triple-barre), à l´entrée du double, où elle s´était un peu ralentie. La même mésaventure allait survenir au Romand le lendemain, dans le GP Coupe du monde. La barre de Spa était cette fois en No 3 et Christophe Barbeau eut beau sortir la cravache, il fit la faute. "La jument a eu de la peine à l´embrayage, mais une fois dans son train, elle a magnifiquement bien sauté. Elle s´est jouée des principales difficultés", soulignait à raison le cavalier de Lossy. Car ce tracé était particulièrement sélectif et si Barbeau partageait la 5e place avec dix autres concurrents, Pessoa (Lianos), Ehning (Anka), Smith (Marius Claudius) écopèrent de 12 pts, Beerbaum (Champion du Lys) ou le vainqueur 2002 Jouanneteau (Uélème) de 16 pts même. Markus Fuchs et Granie 5 étaient à nouveau sans-faute et on les voyait rééditer leur exploit. Las, une petite faute au barrage, dans le double, allait les faire rétrograder au 3e rang. 1ère et 3e, comme à Leipzig, l´alezane brûlée! "J´étais un peu trop au pied de l´oxer et j´ai mis trop de jambe, le vertical suivant est tombé, c´est de ma faute", résumait le Suisse. Il n´empêche que le Suisse a plus qu´une "remplaçante de luxe" en Granie 5, maintenant que la bonne westphalienne s´est assagie. La jument d´Adolfo Juri a aussi séduit le public par ses petites révérences, elle qui gratte le sol de l´antérieur droit à chacune de ses apparitions. Ce soir-là, la victoire était pour Jan Tops et sa Grande Dame, impériale de bout en bout. Deux autres couples très réguliers, le jeune Allemand Christian Ahlmann et son gris Coester, 2es, le Bordelais Edouard Coupérie et son bai Pro Pilot 2, 4es, complétaient le lot de barragistes. La plupart de ces chevaux (une bonne moitié?) réapparurent le lendemain dans le GP final, mais certains accusaient le coup. Jos Lansink avait pu troquer Cumano contre un Zandor Z frais et dispos et le petit étalon s´adjugea le gros lot. La 2e place était pour Michel Hécart et Quilano de Kalvarie (un propre frère du Priobert de Leslie Howard, 3e du Top-10 à Genève). Malgré une faute à l´initial, Markus Fuchs et Christophe Barbeau avaient des chronos suffisamment rapides pour se hisser aux lucratives 6e et 7e places. Granie 5 avait achoppé au milieu du triple tandis que Querly Chin s´était un peu couchée sur le dernier. Un No 13 qui coûtait cher! Qu´importe, avec trois gros tours à 4 pts, un 5e et un 7e rangs, la jument des Stolz prouvait sa grande pointure. Et Christophe Barbeau pouvait désormais imaginer une participation à la finale de la Coupe du monde, avec trois ou quatre étapes encore à sa disposition (les Suisses ne se battent pas pour y aller, il faut en profiter). Ursula et Vincent Stolz, les fidèles propriétaires de Querly-Chin, peuvent savourer leur bonheur. Adolfo Juri, le sympathique et discret mécène tessinois de Markus Fuchs, était aussi un homme heureux. Markus Fuchs a complèté sa belle moisson par une victoire dans la chasse, avec Edza de St-Denis. "Je n´ai jamais monté aussi fort, j´aurais même gagné avec une faute". Il en veut, ces temps, notre Markus! Un mot encore du mondial des jeunes étalons, le BEST des Haras Nationaux, qui fut remporté, après barrage, par Marius Claudius (par Koncorde), l´étalon KWPN de Robert Smith, déjà victorieux du GP Coupe du monde de Londres-Olympia, en décembre. A. P. attelage: Freund encore... On ne voit pas qui pourrait priver Michael Freund de sa seconde Coupe du monde, tant l´Allemand domine le circuit. Bordeaux était sa troisième étape du circuit 2002-03 et... sa troisième victoire. Les points attribués lors de la finale de Göteborg (27 au 30 mars) compteront double, mais il faudrait un vrai malheur pour qu´il ne triomphe pas... "Il y a sans doute quatre ou cinq attelages qui peuvent le battre actuellement, notamment celui de Daniel Würgler, mais sur la durée...", résumait le Suisse Max E. Ammann, directeur des Coupes du monde de saut et d´attelage. Ainsi à Bordeaux, Freund n´a-t-il pas dominé les trois jours, comme l´an dernier, mais surtout su être là au bon moment, le dimanche. L´Australien Boyd Exell, victorieux de la pré-qual. le vendredi, et le Belge Gert Schrijvers, gagnant de l´épreuve-attraction du samedi, surent à nouveau se qualifier pour le barrage à trois du dimanche, mais sans pouvoir résister jusqu´au bout. Exell se bloqua dans une porte et passa à côté d´une autre, d´où une perte de temps importante, qui reléguèrent ses cobs, ses sympathiques double-poneys, au 3e rang. Schrijvers limita les dégâts avec ses demi-sang (une faute), mais sans pouvoir régater face aux agiles trotteurs Orloff de Freund, souverains de bout en bout. Seul Suisse engagé, Werner Ulrich ne fut pas très heureux. 6e (et dernier) le vendredi, il gagna un rang les jours suivants, au détriment du Français Patrick Rébulard, détenteur d´une wild-card, mais sans convaincre totalement (quatre fautes le dimanche). "J´ai fait des fautes et je m´en veux, mais il ne faut pas oublier que deux de mes chevaux n´avaient pas encore évolué dans ce team-là, je fais des essais. Le vendredi, je n´avais pas mis mon franches-montagnes de Genève et ça n´a pas été concluant. Les chevaux de gauche m´ont causé des problèmes", résumait le Bernois. Il notait avec intérêt que son Lotus XVI CH est le propre frère de Loriot XI CH, le sauteur de Barbeau, classé 12e le vendredi à Bordeaux. Plutôt rare de voir deux propres frères s´illustrer sur la même piste, à ce niveau-là, l´un en saut, l´autre en attelage. A. P.
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