Le Cavalier Romand
17.08.2010

Débat à Lausanne : la FEI va-t-elle autoriser les anti-inflammatoires ?

 

Faut-il oui on non autoriser les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) chez les chevaux en compétition ? L’enjeu est de taille. La réflexion s’impose. A l’invitation de la FEI, quelque 180 personnes, vétérinaires, représentants des fédérations, cavaliers, en provenance de 29 pays ont débattu deux jours durant de cette question au Musée Olympique de Lausanne, autour de conférenciers experts triés sur le volet. L’occasion de tout savoir, ou presque, sur les AINS. L’occasion, aussi, de prendre conscience à quel point la question divise, et échauffe les esprits.

D’un côté les pro AINS, emmenés par les Américains, favorables à leur utilisation, comme le prévoit d’ailleurs depuis toujours leur règlement. Une position notamment défendue par le Dr Tim Ober, vétérinaire d’équipe : «Un AINS, qui a un effet anti-inflammatoire mais pas d’effet analgésique, est un soutien dont tout homme de cheval responsable ne doit pas se priver. Il ne s’agit pas d’aider un cheval à faire ce qu’il ne serait pas en mesure de faire sans cela, ou à le faire mieux, mais de lui permettre de le faire avec plus de confort, et donc de plaisir.» Ou encore par Rodrigo Pessoa, porte-parole des cavaliers de saut, venu dire que «les cavaliers estimaient avoir le droit d’aider leurs chevaux si nécessaire, notamment en phase de récupération, après les compétitions, d’autant qu’agir sur un petit problème permet parfois d’en éviter un gros».

En face, la majorité des Européens, en tout cas des vétérinaires et autres officiels européens présents à Lausanne, pour qui autoriser les AINS est une intolérable régression sur le plan du respect du cheval et la porte ouverte à tous les abus. Effet masquant de ces AINS, qui permettent de faire passer pour sain un cheval qui ne l’est pas, législation restrictive de 9 pays européens qui interdit leur utilisation, passible de sanctions pénales, effet désastreux que ferait l’autorisation d’admistration d’AINS sur une opinion publique déjà passablement alertée par les cas de médication interdite et de dopage qu’ont connu les sports équestres ces dernières années, ils ne manquent pas d’arguments.

Comme l’a résumé en conclusion Sven Holmberg, vice-président de la FEI, si l’on est tous préoccupé par le bien-être du cheval, il faut bien admettre que l’on n’en a pas tous la même définition. Une définition, et une opinion, que les fédérations devront peaufiner d’ici la prochaine assemblée générale de la FEI en novembre à Taiwan, où une nouvelle liste de substances autorisées leur sera proposée au vote, en remplacement de la liste dite progressive, jugée scandaleuse par beaucoup, envisagée l’automne dernier à Copenhague.

S.K.-D.

Conférences et débats de Lausanne seront visibles sur le site de la FEI, www.fei.org, dès la fin de la semaine.

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