Le Cavalier Romand
03.08.1998

Le Spécial Presse de la Fédération française a éga

Le Spécial Presse de la Fédération française a également utilisé des mots assez durs pour qualifier cette initiative : « un sponsor, aussi important soit-il, ne peut dicter ses choix sans tenir compte des intérêts du sport, de ses acteurs et ceci dans le seul but de satisfaire ses propres intérêts commerciaux et (ou) médiatiques. C’est l’enseignement qui peut être tiré du « front » qui a opposé les entraîneurs nationaux des huit nations présentes au CSIO de Modène à Samsung. (...) Franke Sloothaak, au titre de Président de l’Association des cavaliers internationaux de saut, a appuyé la démarche des entraîneurs nationaux et chefs d’équipe. » Et d’ajouter : « à Modène, un avertissement salvateur vient d’être donné à Samsung et à la FEI, quant à la manière de faire évoluer les règlements et le sport. (...) Cette réaction est aussi à replacer dans le contexte du dossier Coupe du Monde, où la FEI a vraisemblablement été laxiste, en laissant parfois les seules préoccupations commerciales prendre le pas sur la logique et les intérêts sportifs ». Dure la FFE ! On a donc (bien) deviné que Patrick Caron, comme la plupart de ses acolytes européens, est contre cette formule dite « alternative ». Les chefs d’équipe plus encore que les cavaliers sont opposés à cette formule, qui peut évidemment réserver davantage de surprises. On a un peu perdu le goût du risque ! Des « anciens », comme Marcel Rozier, le regrettent. Le champion olympique (à quatre !) rappelle du reste que cette formule fut longtemps adoptée en international et notamment aux Jeux Olympiques (jusqu’en 1968 à Mexico). « On faisait vraiment équipe, on se battait tous les trois ensemble. Les JO se finissaient souvent sur des scores fleuves mais c’était du vrai sport. On se rappelle aujourd’hui encore de la victoire des Canadiens à Mexico, c’était un vrai succès sportif et collectif ». Et d’ajouter que dans la formule Samsung, le fait que l’on ne coure à trois que dans seconde manche, atténue les risques de « contre-performances ou de catastrophes », la première manche ayant permis de tester ses quatre chevaux. Les Suédois, victorieux à Drammen, sont également acquis à cette nouvelle formule : « trois cavaliers dans la seconde manche, c’était beaucoup plus excitant, passionnant. » Cette formule est aussi plus « lisible » pour le (grand) public et notamment pour la télévision, puisqu’il n’y a plus de résultat à biffer ou à retrancher du total final. Il suffit d’additionner trois scores ! On ne devrait donc pas jeter cette idée mais, au contraire, la retravailler avec un petit groupe de cavaliers, de chefs d’équipe, d’organisateurs, de sponsors et de journalistes car c’est tous ensemble que l’on peut peut-être trouver une formule équitable et acceptable par tous.
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