Mondiaux : la parole aux nouveaux
Par équipe, aux Mondiaux d'Aix-la-Chapelle, ce furent les montagnes russes pour les Suisses qui, après être passés du 13e au 4e rang provisoire à mi-épreuve de la finale, manquent encore la médaille. Les deux leaders étaient extrêmement frustrés, les deux nouveaux étaient déçus aussi. Ils tiraient toutefois un bilan positif de leur première dans le grand bain – à Aix de surcroît – avant de fêter l’un des leurs le dimanche. Voici leurs impressions finales.
Gaëtan Joliat
« Je peux être satisfait, le début dans la chasse était difficile, puis mon cheval a été incroyable et enfin, je suis loin d’être ridicule en finale. Sur le moment, c’était dur, mais dès le lendemain ça allait mieux. Monter devant tant de monde me motive, c’était exceptionnel. On peut être content du ticket olympique, ça nous permet d’avancer avec moins de stress lors des prochains concours importants. Il n’a pas manqué énormément pour la médaille, mais on peut tous être fiers. On a deux pilotes exceptionnels, et Jason et moi avons donné le maximum. Le soutien que j’ai eu a été énorme. Après mon sans-faute, j’ai reçu une quantité de messages, c’était dingue ! Alain (Jufer), avec qui je m’entends très bien, a été très présent et je ne pense pas qu’on puisse rêver meilleur coéquipier que Steve. Il nous aide tellement. Je ne peux que les remercier. Je commence à réaliser ce qui s’est passé. C’était quand même quelque chose de grand. Steve et Martin font ça depuis des années, ils n’aiment que les médailles et je comprends leur déception. J’espère avoir un jour le privilège de ressentir la même chose en cas de défaite. Désormais la première est faite, on peut être plus exigeant, en vouloir encore plus et ne se contenter que du meilleur. Le triomphe de Steve a fait du bien à tout le monde. Ce n’est pas tous les quatre ans qu’on a la chance de vivre ça et c’était beau de faire partie de l’équipe. J’étais ému et content pour lui et toute son équipe. »
Jason Smith
« J’ai un sentiment très mitigé. Dans la mesure où il s’agissait de mon tout premier championnat, je suis ravi de Picobello. Et si quelqu’un m’avait dit que je ne ferais qu’une faute (avec du temps, ndlr) par jour, à mes premiers Mondiaux, à Aix-la-Chapelle, je serais ravi. Mais en même temps, je suis très frustré car nous sommes proches de la médaille et ce sont des fautes qui ne nous arriveraient pas en temps normal. Dans la manche finale, j’ai tout simplement sous-estimé les conditions d’éclairage. J’étais convaincu que ce n° 1 se sauterait à merveille. Je suis déçu de moi. On a été très réguliers cette saison, les attentes étaient très élevées, ce qui a fait oublier notre manque d’expérience. L’esprit d’équipe a été fantastique. Avec Steve et Martin partant au début, cela nous a enlevé beaucoup de pression. M’élancer en dernier était nouveau pour moi, mais je me suis senti à l’aise. Il n’y a pas eu de mauvais tour et nous décrochons notre billet pour les Jeux, ce qui était notre objectif. Entrer sur cette piste devant 45'000 personnes, c’était irréel. Il n'y a rien de comparable. Je n’avais jamais éprouvé un tel sentiment et je me suis accordé une seconde pour m’imprégner du moment. Globalement, je pense que nous avons beaucoup appris. Steve est incroyable ! Je suis trop heureux pour lui, il le mérite tellement. Il est à un autre niveau et je suis fier d’avoir la chance de monter à ses côtés, il est fantastique ! »











