Musée du cheval : Isabelle Drux, une conservatrice hyper motivée
Elle est à la fois le moteur et la carte de visite du Musée Suisse du Cheval – son nouveau nom complet –, Isabelle Drux fonctionne depuis plus de douze ans comme conservatrice, mais elle est surtout celle qui entend assurer l’avenir et la pérennité du Musée, en le rajeunissant et en trouvant les sponsors et mécènes nécessaires pour le faire. Née en Côte d’Ivoire, où sa mère travaillait pour une étude d’avocats, elle fut un temps élevée par ses grands-parents dans l’est de la France, avant de retrouver sa mère à son retour au pays. Elle viva alors de dix à vingt-huit ans à Paris, suivit la fameuse École du Louvre, devenant historienne de l’art, puis antiquaire.
La passion du cheval était là depuis toute petite, son grand-père ayant été écuyer. « À 28 ans, je suis partie vivre en Normandie, dans le Calvados, près de Bayeux, où j’ai fait de l’élevage et organisé des ventes aux enchères de chevaux de courses, d’œuvres d’art, etc. »
En 2010, Isabelle vient habiter en Suisse, à Cuarnens – elle déménagera par la suite un peu plus haut, à Mont-la-Ville –, et quelqu’un l’emmène en 2013 à la Fête du Cheval, où elle se rend compte « qu’il y a un exceptionnel… patrimoine d’enfer ». Quelques mois plus tard, on lui suggère de venir à l’Assemblée générale du Musée Suisse du Cheval, la conservatrice, Barbara Walt, démissionnant. Lors de cette soirée, le président d’alors, le préfet Robert Chanson, lui propose tout de go de reprendre cette fonction.
« J’ai d’abord dit non, puis, réflexion faite, j’ai repris contact et dit oui. Il m’a alors demandé un projet de nouvelle muséographie, on a commencé gentiment. Il fallait aussi devenir plus commerçant, raisonner en terme de clients-visiteurs, vendre le musée, des journées, des conférences, des médiations. Dans la culture, on méprise trop le commerce », souligne-t-elle. Voici trois ans, sous la présidence de Charles Trolliet (élu en 2018), Isabelle Drux intensifia la collaboration avec le Musée du Château. « On a réussi à instaurer une billetterie commune, avec un billet combiné intéressant. Tout n’est pas simple, ce printemps ils ont décidé de ne pas ouvrir le château le mardi, alors que toute notre communication est faite du mardi au dimanche ! »
Isabelle Drux veut surtout franchir une étape supplémentaire et rénover le Musée : « Il n’y a pas eu de travaux, ni de vrai changement depuis 44 ans. Je veux récolter 800’000 fr., j’en ai déjà trouvé 600’000 grâce à des institutions et des mécènes, je veux arriver au but fixé, pour finir les travaux d’ici au 45e anniversaire, à l’été 2027. » 2026 est une année de transition et Isabelle Drux aimerait que les travaux démarrent fin 2026, « pour une renaissance du Musée du Cheval ! ». Le projet s’appelle : « Vivre le cheval », tout un programme !











