Rome a la plus belle des arènes
Située dans les parcs de la Villa Borghese, la Place de Sienne est le plus beau théâtre équestre qui soit. Bordée de petits palais, de pins parasols, de cyprès et de lauriers, l’arène a retrouvé en 2018 la belle herbe verte abandonnée pour le sable au début de ce siècle et tout son lustre.
La Ville éternelle a mille splendeurs à offrir, mais son concours hippique en est assurément une. Située sur le Pincio, que l’on rejoint par les escaliers de la Piazza del Popolo ou en longeant le parc de la Villa Medicis, la Place de Sienne conduit à la Villa Borghese et à sa Galerie-musée, un parc de 80 hectares agrémenté de fleurs, de statues et de petits lacs.
Le sublime ovale aux formes antiques de la Piazza di Siena accueillait déjà des spectacles équestres voici des siècles. En 1902, le Roi fit cadeau du parc à la Ville, qui le gère. Il y eut quelques débats avec les écologistes, qui ne tolèrent aucune construction fixe, et un compromis très convaincant a pu être trouvé, avec l’aide du puissant Comité national olympique, co-organisateur avec la Fédération. La Place de Sienne a retrouvé sa piste en herbe en 2018, année où Rolex entra dans la danse. L’accès y est désormais libre.
Les premiers internationaux y eurent lieu en 1911, ’22 et ’23 et, après une parenthèse au Parioli voisin, le CSIO de Rome se tient Place de Sienne depuis 1929. Il y eut bien quelques éditions du CSIO à Turin (2), à Stresa (1), à Naples (2), à Milan (1) et à Pinerolo (2), mais le plus souvent en doublon avec Rome, à une époque où un pays pouvait avoir deux Coupes des Nations par an. Il y a déjà eu 92 CSIO sur ce terrain, la Finale des Nations en 2000, sans parler des JO de Rome 1960, ni des Jeux mondiaux 1998, qui se déroulèrent au stade Flaminio. L’Italie a gagné 29 Coupes, la France 20, la Suisse 3, en 1967, 1987 et 1994.
Les fratelli d’Inzeo, rois indétrônables
Pour toujours, les frères d’Inzeo seront les rois de Rome. Lors des JO de 1960, Raimondo, qui habitait à deux pas de là – et faillit ne pas se réveiller de sa sieste avant la 2e manche ! –, décrocha l’or et Piero l’argent sur cette sublime place (l’épreuve par équipe eut lieu au stade olympique). Les d’Inzeo détiennent également un nombre record de victoires dans le Grand Prix. Et là, avantage à l’aîné ! Piero a brandi la louve en bronze sept fois, Raimondo cinq. Trois Suisses s’y sont imposés : Paul Weier en 1966 avec Junker, Arthur Blickenstorfer en 1979 avec Hendrik et Markus Fuchs en 2001 avec Cosima.
La dolce vita…
Parcourir le centre historique à pied le matin, partir à vélo sur l’antique Via Appia, pour visiter des catacombes ou des bistrots ombragés, et s’en retourner au concours l’après-midi avant de manger en ville, même tard le soir : la vita e bella ! Et il ne s’agit pas de rentrer le dimanche, car le soir se déroule le fameux Carrousel des carabiniers, avec 125 cavaliers et une fanfare à cheval : stupendissimo !
Les 100 ans, vraiment ?
Trois parmi les plus grands et anciens concours au monde, Rome, Dublin et Genève, fêtent leur 100e. À Rome, il y avait pourtant déjà eu une Coupe en 1911, puis deux en 1922 et 1923, sur la Place de Sienne, avant deux éditions à la Villa Glori, en 1926 et ’27, et une au Parioli, tout à côté, en 1928 avant de s’en retourner Piazza di Siena en 1929, on aurait donc déjà pu célébrer ce double jubilé, mais on dit vouloir compter « depuis le grand succès de 1926 ».
Pour Dublin, c’est bien cette année, avec des victoires suisses lors des deux premières éditions (1926 et ’27) . On célébrera ça lors du prochain Horse Show, du 5 au 9 août. Genève a débuté avec un GP en 1926 et une Coupe des Nations dès 1927 et jusqu’en 1983 (c’est interdit en indoor en Europe depuis). De quoi fêter du 9 au 13 décembre à Palexpo !
Alban Poudret












