Sameh El Dahan rides Sumac’s Zorro to the win in the CP International Grand Prix presented by Rolex at The Sprue Meadows Masters. Sameh El Dahan et Sumac’s Zorro vainqueurs du Rolex Grand Slam de Spruce Meadows seront à Genève au CHI du 6 au 9 décembre pour défendre leur chance.

A un mois du CHI 5* de Genève, où il visera le Rolex Grand Slam, Sameh El Dahan se confie

Interview exclusive du vainqueur du GP de Calgary Spruce Meadows et prétendant au Rolex Grand Slam, Sameh El Dahan, en lice dans un mois pile à Genève

Qu’avez-vous ressenti en remportant votre premier Majeur Rolex ?

J’ai ressenti une joie immense. Toute ma vie, j’ai travaillé dans ce but, depuis que je suis petit. Ce Grand Prix CP ‘International’ présenté par Rolex est l’un des plus grands du circuit et tous les cavaliers aimeraient le remporter. Voir mon nom inscrit au tableau d’honneur aux côtés de cavaliers légendaires comme Éric Lamaze, Nick Skelton et les Whitaker, c’est un rêve qui se réalise.

À quoi vous attendiez-vous avant le CSIO de Spruce Meadows ‘Masters’ ?

C’est une histoire amusante. En fait, nous avions décidé que nous n’irions pas à Spruce Meadows cette année, car nous voulions nous concentrer sur les Jeux équestres mondiaux (JEM) à Tryon, aux États-Unis. Un matin, deux mois environ avant Spruce, alors que nous prenions le café, la propriétaire de Zorro, Joanne Sloan Allen, m’a dit : « En me réveillant, j’ai eu le pressentiment que tu devais aller à Spruce parce que tu vas gagner ».

Ma première réaction a été de me dire que ça allait être très compliqué sur le plan logistique et que ce n’était pas possible. Pourtant, Joanne était catégorique : Zorro et moi allions gagner à Spruce et elle me soutiendrait jusqu’au bout. Je ne pouvais décemment pas le lui refuser !

Je suis quelqu’un de très positif et j’espère toujours obtenir de bons résultats en compétition. Pourtant, à l’époque, il me semblait qu’il était peu probable que nous gagnions l’un des plus grands Majeurs Rolex. Mais je me suis dit que nous irions tout de même et que nous ferions de notre mieux. J’ai un cheval incroyable, une équipe formidable, donc je savais que si tout se déroulait à la perfection le jour J, j’avais toutes mes chances. Comme nous en étions en veine, tout s’est déroulé conformément à nos attentes.

J’ai toujours le sentiment que rien n’arrive par hasard. Pour une raison quelconque, Joanne a eu ce pressentiment et elle ne s’était pas trompée !

Que s’est-il passé depuis votre victoire en Majeur aux CSIO de Spruce Meadows ‘Masters’ ?

J’ai été très occupé ! Je suis très reconnaissant pour toutes les marques de soutien que j’ai reçues. Des gens du monde entier m’ont écrit pour me féliciter. La réaction du peuple égyptien a été enthousiaste. Des amis dans le monde entier m’ont envoyé des magazines dont j’avais fait la une ! Mon téléphone n’a pas arrêté de sonner ! Ça a été beaucoup d’émotions et nous avons adoré.

C’est amusant parce que nous avons toujours été des outsiders. Mais, le simple fait de gagner un Majeur nous a propulsés sous les feux de la rampe. Aujourd’hui, quand les gens voient mon nom, ils s’attendent à ce que j’aie de bons résultats. Il y a donc un peu plus de pression, mais j’aime ça.

Revenons au commencement. Qu’est-ce qui vous a amené à l’équitation ?

J’avais cinq ans quand mes parents m’ont amené à la ferme d’un cousin où j’ai commencé à monter. Mon frère a quatre ans de plus que moi et c’était un bon cavalier. Il était bien meilleur que moi. Il me réveillait à 5 heures, avant d’aller à l’école, et me traînait jusqu’aux écuries. À cette époque, je n’aurai jamais imaginé en faire ma profession. D’ailleurs, je suis entré à la Faculté de médecine. Dans ma famille, tout le monde est médecin. À l’époque, ça me paraissait la voie toute tracée. Quand j’étais en troisième année, j’ai réalisé que je voulais devenir cavalier professionnel. J’ai eu la chance que de nombreux propriétaires me confient leurs chevaux à monter. Quand j’ai eu dix chevaux dans mes écuries, je me suis rendu compte que j’arriverai à faire quelque chose de moi. Je n’abandonne jamais. Même si je savais que je ne deviendrais jamais médecin, j’ai obtenu mon diplôme. Je ne prévois pas de pratiquer la médecine, parce que les chevaux sont toute ma vie maintenant et cette décision me satisfait pleinement.

Suma’s Zorro est un cheval extraordinaire. Comment votre couple s’est-il formé ?

J’avais travaillé avec Cian O’Connor et j’avais prévu de recommencer en 2011, pour le Sunshine Tour. Cependant, Joanne appela Cian parce que son cavalier s’était cassé le bras et elle avait besoin de quelqu’un pour monter ses chevaux en compétition. Il lui parla de moi et c’est ainsi que débuta notre merveilleux partenariat.

Quand Joanne s’est cassé la jambe, j’ai monté tous ses chevaux pendant cinq semaines. À son retour, j’ai continué à monter les jeunes et Joanne montait les vieux. C’est ainsi que j’ai commencé à monter Zorro. Ensuite, nous avons démarré la compétition et ça collait parfaitement entre nous. Joanne voyait que notre couple se formait et elle me laissa continuer à monter la jument en compétition. J’ai beaucoup de chance d’avoir rencontré Joanne. Elle m’a appuyé et m’a soutenu dès le premier jour. Je suis persuadé que rien n’arrive par hasard. Sans Zorro et l’opportunité que Joanne m’a donnée, je n’en serai pas là aujourd’hui.

Comment est Zorro à la maison ? A-t-elle des petites manies ?

Zorro est une jument très détendue, jusqu’à ce qu’elle voit un vétérinaire avec une aiguille ou la tondeuse ! Elle déteste ça. Elle n’aime pas trop le bruit non plus. Lorsqu’il y a beaucoup d’agitation dans la cour et qu’il y a du bruit, elle se tourne face à un coin de son box avec un air grognon et en couchant les oreilles ! Elle adore manger et aime être au pré. Elle aime aussi beaucoup les friandises et lorsqu’elle entend Joanne, moi ou sa groom, elle sort sa tête du box et nous regarde d’un air intéressé.

L’Irlande, c’est très différent de l’Égypte. Vous a-t-il fallu du temps pour vous adapter ?

Sincèrement, ça ne m’a pas pris très longtemps. Comme j’ai beaucoup voyagé avec ma famille pendant mon enfance, j’ai l’habitude des cultures et des lieux différents. La seule chose avec laquelle j’ai eu du mal, c’est la pluie ! Il ne pleut pas beaucoup en Égypte et la première semaine que j’ai passée dans ma nouvelle maison, il a plu tous les jours. Au début, j’aimais bien la pluie, mais j’en ai très vite eu marre ! Blague à part, Joanne a beaucoup facilité mon adaptation. Elle est très accueillante et je suis très bien entouré. J’aime la compagnie et je n’aime pas être seul. Par conséquent, je trouve ça extraordinaire que tant de gens me soutiennent et m’aiment. J’ai beaucoup de chance d’avoir des sponsors incroyables et des propriétaires comme Joe et Pat Sloan. Sans leur soutien indéfectible, et celui de leur société WKD, rien de tout cela n’aurait été possible. Les mots me manquent pour exprimer toute ma gratitude. 

Pouvez-vous nous décrire les Sycamore Stables ?

Il y a trois fermes à Sycamore Stables. Dans la première cour, il y a 18 box pour les chevaux de compétition à partir de cinq ans. Ensuite, il y a deux autres fermes pour les poulinières et les poulains. Les trois fermes ont des installations incroyables et beaucoup de prés pour les chevaux. C’est un grand domaine que Joanne et moi gérons. Comme nous nous développons sans cesse, nous venons d’embaucher un nouveau membre pour notre équipe qui gèrera les jeunes chevaux.

Y a-t-il d’autres chevaux aux Sycamore Stables qui, d’après vous, pourraient gagner un Majeur Rolex ?

Je crois en tous mes chevaux. Mais j’ai actuellement trois juments de huit ans qui, d’après moi, feront d’excellents chevaux 5*. Elles sont toutes complètement différentes, avec des styles et des techniques variées. J’ai hâte de voir ce que l’avenir nous réserve avec elles. Il y a aussi une six ans qui me paraît très prometteuse, mais j’attends pour me prononcer parce qu’elle est encore très jeune.

Travaillez-vous avec des programmes locaux, en Égypte, pour encourager les jeunes cavaliers ?

J’ai apporté mon soutien à une académie en Égypte, mais comme je suis très occupé, j’ai arrêté. Je suis en contact avec des amis, chez moi, et nous envisageons d’ouvrir une écurie en Égypte pour soutenir les jeunes cavaliers. J’y travaille aussi avec Joanne. Notre but est de créer la même chose en Europe pour que les cavaliers égyptiens viennent ici en été et développent leur réseau.

Quelles sont vos attentes pour le CHI de Genève ? Espérez-vous poursuivre sur la voie du Grand Chelem Rolex ?

J’ai un cheval merveilleux. Si nous faisons tout correctement et si tout se déroule comme prévu le jour J, je pense que nous avons de très bonnes chances à Genève. Zorro profite actuellement de vacances bien méritées. Mais nous avons prévu tout un programme pour qu’elle soit en pleine forme pour le CHI de Genève. Elle a deux 5* avant Genève parce qu’étonnamment, elle a toujours de meilleurs résultats lors de sa troisième compétition. Espérons que ça marche. Je vais aussi m’assurer d’être au meilleur de ma forme.

Quel est le meilleur conseil que l’on ait pu vous donner ?

Sois humble, garde les pieds sur terre.

Quels que soient les résultats au CHI de Genève, prévoyez-vous de participer aux deux autres Majeurs : les Dutch Masters et le CHIO d’Aix-la-Chapelle ?

Bien sûr, je prévois de participer à ces deux compétitions. C’est le rêve de tout cavalier de participer à Aix-la-Chapelle, car il y a la meilleure ambiance et les meilleures installations du monde. J’adorerais y aller. Cela fait longtemps que je n’ai pas participé aux Dutch Masters, mais j’ai entendu beaucoup de bonnes choses de personnes qui y sont allées l’année dernière, alors j’ai hâte d’y être.

 


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