Conférence sur l'endurance: ça avance, à tout petits pas…

Ce dimanche à Lausanne on a débattu des problèmes de l'endurance et de son avenir. La discipline sera suivie de près aux JEM 2014 en Normandie...

C’était hier, dimanche 9 février, à Lausanne. D’un côté, la FEI, son 1er vice-président John McEwen, le président de son comité stratégique d’endurance (Endurance Strategic Planning Group-ESPG) Andrew Finding et vingt-six de ses représentants. De l’autre, trente-quatre délégués représentant vingt fédérations nationales et trois membres de la presse.

Autrement dit, une fédération posée, qui va répéter sans sourciller qu’elle s’emploie activement à résoudre les problèmes de la discipline à une assistance qui va durant six bonnes heures osciller entre écoute attentive, espoir, désenchantement, frustration et colère.

L’enjeu est de taille : sortir l’endurance de la situation délicate dans laquelle elle se trouve suite à de nombreuses dérives. Comme souvent depuis la lutte initiée par certaines fédérations, belge, britannique, allemande ou suédoise, et lancée publiquement par la FSSE lors d’un communiqué engagé en mai dernier, le plus concret et le plus incisif hier à Lausanne fut une fois de plus Pierre Arnould, l’entraîneur et chef d’équipe belge membre de la commission FEI d’endurance : « Les règles existent, et elles sont bonnes. Les 90 % des nations les respectent. Les problèmes viennent des 10% restants, les seuls d’ailleurs à ne pas être là aujourd’hui, preuve de leur manque de considération, pour vous et pour nous (ndlr : allusion à l’absence à Lausanne de l’Emirati Saeed Al-Tayer, directeur de l’hippodrome Meydan et bras droit du cheik Al Maktoum pour les courses et l’endurance, membre du comité stratégique de la FEI). A vous de savoir si vous préférez privilégier le respect des règles ou les personnes qui détiennent le pouvoir et l’argent, avec lequel ils achètent officiels et juges. C’est là la vraie question. A laquelle on veut une réponse. »

Andrew Finding Andrew Finding, Président du comité stratégique d'endurance

Cette réponse, on ne l’aura pas. Mais la FEI, et notamment son secrétaire général Ingmar De Vos, ont tout de même rassuré quelques-uns des accusateurs du jour. Ainsi Charles Trolliet, le président de la Fédération suisse des sports équestres, qui avait quelques jours plus tôt mis en cause les failles méthodologiques et interprétatives du questionnaire envoyé pour consultation par la FEI aux fédérations nationales : « Depuis la table ronde de fin juillet dernier, la FEI semble avoir véritablement pris conscience des problèmes. Plusieurs de ses propositions vont dans le bon sens et il faut se réjouir de certains travaux qu’elle a décidé d’entreprendre (surveillance accrue, meilleure exploitation des différents rapports, y compris vétérinaires, interdiction pour les personnes du staff de la FEi de fonctionner comme officiels dans les compétitions, etc.). On avance, mais à petits pas. Et si elle a réalisé l’existence de problèmes et si l’on a entendu dire qu’elle s’était montrée plus interventionniste et courageuse sur le terrain dans la deuxième moitié de l’année dernière (cartons jaunes, éliminations, etc.), la FEI ne donne cependant pas toujours l’impression pas d’en avoir jugé de toute l’importance. Il est clair que ce n’est pas facile et on attend toujours de voir si les mesures proposées seront appliquées. »

Or, on a pu s’en rendre compte hier à Lausanne : accusée, la FEI peine à convaincre de ses véritables ambitions en la matière, comme de son envie de s’en donner les moyens.

Alors, comme l’a suggéré en filigrane le chef d’équipe américain Emmet Ross, puisse-t-elle saisir l’occasion des prochains Mondiaux en Normandie pour apporter la preuve tant attendue qu’elle entend bien avoir le juste contrôle d’une discipline garante d’équité sportive et de respect du cheval.

Il en va de l’avenir de l’endurance, mais aussi, comme en est convaincu Charles Trolliet, de l’ensemble des sports équestres et d’une fédération qui jouent gros. En termes d’image, bien sûr, mais aussi pour ce qui est de leur existence et de leur essence mêmes, confrontés qu’ils sont à une puissance financière essentielle au fonctionnement du sport actuel. Al Khalifa Sheik Khalid, président du Groupe VII de la FEI (pays du Proche et du Moyen-Orient), n’a d’ailleurs pas manqué de le relever: « Sans Meydan, il n’y aurait pas eu de championnat du monde en Angleterre en 2012. » Vous avez dit problème ? 

Sophie Kasser Deller


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