Deux Suisses plutôt contents de leur finale de Fort Worth
Les deux leaders suisses étaient au Texas. Steve Guerdat, à hauteur de podium jusqu’à la fin avec Albführen’s Iashin Sitte, a reculé à l’honorable 6e rang. Deux barres aussi pour Martin Fuchs, qui partait de plus loin avec Lorde et se plaçait 14e. Ils étaient satisfaits et l’équipe a deux chevaux de plus en vue des grandes échéances à venir.
Steve, votre 6e place est positive ?
Absolument, il y en a beaucoup qui rêvent d’un 6e rang. Les autres sont bons, ils ont le droit de faire un podium ! Quand tu remontes de la 12e à la 6e place, on te dit bravo, quand tu descends de la 2e à la 6e un peu moins, c’est comme ça !
Iashin a encore franchi un palier ?
C’était une très bonne expérience pour lui, les parcours étaient bien faits, ils ne mettaient pas les chevaux dans le rouge, mais c’était un vrai championnat et il gagne en sérénité en indoor.
Le vendredi, ne l’avez-vous pas rassuré avant de sauter le barrage ?
Il était un peu nerveux à la place d’entraînement et on n’a pas eu le temps de le mettre dans son box, car on avait sauté dans les derniers. On lui a enlevé la selle, c’est tout. Or même 10 ou 20 minutes aux écuries le détendent, il se roule, un coup d’éponge et c’est reparti ! On n’a pas pu le faire. Et il fallait que je tente quelque chose au barrage pour me rapprocher de Kent.
A-t-il eu un petit coup de fatigue le dimanche, au second tour, comme à La Corogne ?
Au premier tour, il sautait super, il a fait une toute petite faute. Entre les deux manches, je ne le trouvais pas fatigué. J’étais un peu près du no 2, j’aurais peut-être dû faire 7 foulées au lieu de 8. L’autre obstacle, il ne l’a pas sauté, j’ignore pourquoi, mais ça ne comptait plus.
Vous finissez 1er des cavaliers sans leur cheval de tête, ça prouve la qualité de Iashin, une option pour les prochains championnats ?
Oui, il a déjà fait deux bons championnats, trois sans-faute de suite à La Corogne, un 6e rang ici, il est une option pour les Mondiaux ou les finales Coupe du monde de Göteborg et de Bâle. Il faudra encore améliorer des détails, gagner quelques pour-cent et en régularité.
Vous prenez beaucoup de plaisir à le monter ?
Il est hyper intéressant, jamais ennuyeux, il n’est pas difficile, mais il voit et entend tout. Je n’ai pas besoin de tirer ou de pousser, il réagit au quart de seconde, c’est un régal ! Et il est plus confortable pour mon dos que tous les autres.
Cette finale au Texas, une réussite ?
Les parcours étaient excellents, les conditions fantastiques, hormis les poteaux au paddock d’échauffement, le stade magnifique, mais quel manque de public et d’ambiance ! Les billets étaient trop chers, ils ont essayé de rectifier le tir, ça faisait désordre à la télévision. Et dire qu’hormis à Oslo, toutes les étapes sont archi-pleines en Europe, c’est dommage !
Martin Fuchs sécurise Lorde
Martin, Lorde sautait fort bien, vous avez fait des petites fautes et pourtant vous êtes 14e. Content ou déçu ?
Le bilan est très positif, plus que le résultat ! Lorde a appris beaucoup et moi aussi. Un premier championnat, c’est toujours difficile pour un cheval. C’est long, intense, Lorde n’avait pas fait beaucoup de 5* et pas à ce rythme ! Dans la dernière manche, il était un peu fatigué et je n’ai pas très bien monté. Mais deux heures plus tôt, ce fut peut-être mon meilleur parcours et le meilleur du cheval. Il est rentré en forme, je vais le laisser un mois tranquille.
Lorde est très fiable et vous semblez en harmonie ?
Il a encore progressé, il est calme et j’ai beaucoup de plaisir à le monter.
Vous le prendrez comme prévu au 5* d’Aix-la-Chapelle, fin mai ?
Oui, je ferai peut-être un petit concours de préparation et il viendra à Aix avec Conner Jei. Idem à St-Gall. Lorde est une vraie option pour les Mondiaux.
Et Leone Jei saute à nouveau ?
Il est en forme, après des 130 à Nancy, il sautera des 140 début mai à Mannheim, puis je pensais le prendre à Rome. Mais comme la qualification pour le Grand Prix est compliquée là-bas pour les individuels (la Suisse n’aura pas d’équipe, ndlr), j’irai plutôt au 4* de Hohen Wieschendorf.
Lorde n’appartient plus à Luigi Baleri, mais vous avez trouvé des remplaçants ?
Oui, j’ai dû trouver une solution de remplacement. Laura Connolly restait propriétaire d’une moitié et j’ai provisoirement pris l’autre. Puis mes deux autres mécènes, Adolfo Juri (Leone Jei, Conner Jei, etc.) et Karin Bühler (Love de Vie), l’ont reprise, j’ai de la chance.
Et de la reconnaissance pour Luigi Baleri aussi ?
Bien sûr, Luigi a tellement fait pour moi depuis presque vingt ans, je ne peux qu’avoir de la reconnaissance et dire de bonnes choses de cette longue aventure.











