Faye Schoch : « Ce qui compte, c'est juste le bonheur de monter à cheval ! »
En remportant le Grand Prix 3* d’Oliva ce dimanche, Faye Schoch a signé l’une de ses plus belles performances de sa carrière. Double championne d’Europe poneys (2000 et 2001) avec le légendaire Machno Carwyn et, entre autres, vice-championne d’Europe JC en 2004 avec Téqui d’I CH, la Fribourgeoise a confirmé sa complicité avec l’excellent Cornetto DB Z, révélé à Sion l’an dernier. Si elle a déjà goûté aux joies du haut niveau, l’amazone de 40 ans veut surtout savourer ces instants et ne se met aucune pression. Sur le (long) chemin du retour en direction de Chandon/FR, elle nous a confié ses impressions.
Faye, comment avez-vous abordé cette tournée d’Oliva ?
J’avais donné des vacances à mes chevaux avant de partir. Leur dernier concours était début décembre. J'aime leur donner au moins deux mois de pause par hiver. Je ne me suis donc pas énormément entraînée cet hiver, mais les chevaux étaient en forme physiquement. On avait fait de la promenade et on les avait travaillés, mais ils n’avaient pas beaucoup sauté.
Vos performances sont allées crescendo au fil de ces trois semaines.
J'avais dans l'idée de commencer gentiment, mais Cornetto était vraiment en forme. Je ne m'attendais pas, après deux mois de pause, à ce qu'il soit prêt d’entrée de jeu pour les grosses épreuves. Durant les trois semaines, j’y suis donc allée jour par jour. Je l’ai mis dans la 140 au lieu de la 130 le tout premier jour et il a sauté de façon magnifique donc on a tenté la 145, puis le Grand Prix 2* dans lequel c’est moi qui me suis plantée. Place ensuite au 3*, un niveau qu’il n’avait encore jamais fait auparavant. Ce qui était génial, c’est que si on faisait une faute, le parcours suivant, il avait appris de celle-ci. Cela étant, il faut dire 99% des erreurs viennent de moi (rires). Il est tellement malin, il a tellement de respect et tellement de moyens !
Terminer la tournée sur une victoire, on imagine que c’était un sentiment particulier.
Je crois bien que c'est la première fois que je gagne un Grand Prix 3* ! Et je pense aussi que le dernier Grand Prix que j'ai gagné remonte à 2019 (il s’agissait en effet du GP 2* de Bourg-en-Bresse avec Quincy W, ndlr). Cela n’arrive pas très souvent donc j'étais forcément très heureuse. Et je ne m’y attendais pas, si on me l’avait dit avant l’épreuve, je ne l’aurais pas cru. Je profite donc de l'instant, parce que dans ce sport, on sait qu'il y a plus de mauvais jours que de bons.
« Je ne me dis pas qu’il faut absolument que je fasse le championnat de Suisse ou une Coupe des Nations. »
Ce n’était de surcroît pas un Grand Prix facile, avec un seul double sans-faute. Prometteur, non ?
C'est ça ! Cornetto a fait sa toute première 150 en 3* il y a une semaine. Il a 11 ans, mais il n’a pas fait énormément dans sa carrière parce que je l'ai récupérée il y a 2 ou 3 ans et qu’il a fallu du temps pour qu'on se mette ensemble. Il est très vert à ce niveau-là. Les parcours étaient progressifs durant les trois semaines. Quand j'ai marché la piste dimanche, c'est le premier parcours où je me suis dit « Waouh ! Ça fait gros ! » Ce n’était pas beaucoup plus petit que moi, même si je ne suis pas grande (rires) donc j’espérais que mon cheval serait en forme car nous avions du pain sur la planche. La semaine précédente, nous étions sans faute, mais j’avais senti mon cheval un petit peu impressionné au barrage. Et en fait, il a fait ça comme un grand, l’air de dire « Non non, c'est bon, tout va bien, je gère ».
Comment imaginez-vous la suite avec lui ? Avez-vous un plan ou des objectifs particuliers ?
Je n’ai pas vraiment de but. J'ai deux enfants donc le but des concours est de nous faire plaisir J’y vais étape par étape. Je ne me dis pas qu’il faut absolument que je fasse le championnat de Suisse ou une Coupe des Nations, je n’y pense même pas. J'ai vraiment envie de franchir chaque étape en son temps, qu’on se fasse plaisir. Le cap des 3* est franchi, il s’agit de le consolider. On va poursuivre en 2-3* puis il y aura bien sûr quelques beaux Nationaux mais je n’ai pas encore fait de programme précis.
Ayant monté jusqu’en 5*, cela ne vous titille un petit peu tout de même ?
Bizarrement pas. C'est drôle, mais... j'adore surtout monter à cheval ! J'aurais presque tout autant de plaisir à aller faire un 2* avec un jeune cheval que d'aller faire un 5*. Ça a d’ailleurs toujours été ma manière de faire, acheter des jeunes, les former, puis les revendre ou les garder plus longtemps. Le but est de nous faire plaisir au niveau où ça se passe bien. Donc si avec Cornetto, on gravit les échelons étape par étape et qu'on arrive à un jour à faire du 5*, c’est génial et sinon, on se fera plaisir en 3*. Après, je ne vais pas refuser sur les opportunités qu'on me donnerait, ça, c'est sûr, mais j’ai passé l’âge où c’était le but ultime. Maintenant, ce qui compte, c'est juste le bonheur de monter à cheval.
Propos receuillis par Elisa Oltra












