Finale Coupe du monde: Becky Moody met tout le monde d'accord
Dans une finale texane au plateau renouvelé, entre confirmations attendues et émergence de nouveaux visages, Becky Moody a imposé sa signature avec autorité. Face à elle, la jeune garde – emmenée notamment par l’Américain Christian Simonson – a tenté de bousculer la hiérarchie, sans toutefois parvenir à détrôner l’élégance britannique.
Samedi soir – déjà dimanche matin sous nos latitudes – Fort Worth ouvrait les portes de son arène texane aux cavaliers de dressage pour la finale de la Coupe du monde FEI. Un rendez-vous au plateau singulier: privés de plusieurs ténors de la discipline qui se réservent pour les Mondiaux d'Aix-la-Chapelle cet été et pour qui une traversée de l'Atlantique ne rimait pas à grand chose, les États-Unis proposaient une scène différente, où de nouveaux jeunes profils venaient se frotter au très haut niveau.
Au-delà des absences, une question flottait dans l’air chaud du Texas : l’Europe allait-elle une nouvelle fois imposer sa loi, ou le continent américain profiterait-il de jouer à domicile pour inverser la tendance ? Face à quelques cavaliers européens ayant fait le déplacement, les représentants américains et panaméricains avaient une carte à jouer – et une rare opportunité de se mesurer à des références venues d’ailleurs.
Parmi les grands noms présents sur cette finale, une cavalière s’était déjà fait remarquer lors du Grand Prix jeudi soir (1ere avec 76,761%) et durant le reste de sa saison 2025: l’Anglaise Becky Moody. En selle sur son produit maison Jagerbomb, elle abordait cette finale avec des ambitions évidentes. Et elle n’a pas déçu.
Annoncée parmi les têtes d’affiche européennes, Becky Moody a littéralement pris la main sur l’épreuve Freestyle samedi soir. Avec une entrée en matière audacieuse, presque provocante, elle donnait le ton dès les premières secondes : pirouette au galop à gauche, enchaînée avec des changements de pieds au temps, avant de revenir sur ua pirouette à droite face aux juges. Une première ligne qui en disait long sur ses intentions.
La suite ne fera que confirmer l’impression initiale. Précision, fluidité, engagement : le couple déroule avec assurance, livrant une reprise aussi maîtrisée qu’élégante. Une démonstration qui la propulse en tête du classement avec une note finale de 88,330% (96,360% en artistique !)
Un podium presque Européen
Derrière elle, la lutte s’organise. Longtemps en tête, le jeune Américain de 23 ans Christian Simonson – révélation de cette finale 2026 – impressionne par la finesse de son équitation et la qualité de son partenaire Indian Rock. Il signe ainsi un second rang avec 83.810% (on vous a dit que Becky Moody avait mis de la marge!).
Au troisième rang (80.770%), Sandra Sysojeva confirme une progression intéressante avec Maxima Bella. Si la jument montre encore quelques limites dans le galop, elle séduit en revanche dans les exercices rassemblés : piaffer, passage et allongements au trot témoignent d’un potentiel indéniable. À seulement dix ans, on attend avec impatience de voir la suite de sa progression. Patrick Kittel doit se contenter d'un quatrième rang et un podium manqué de justesse (80,260%), notamment à cause d'une réaction de Touchdown à la sortie d'une pirouette, laissant filer de précieux points.
Dans cette arène aux accents résolument western – où chaque galop allongé déclenche des clameurs dignes d’un rodéo – la finale aura aussi permis de révéler d’autres profils, parfois inattendus, parfois attendrissants. À l’image de ce fameux « cheval à 20 dollars », dont l’histoire mérite à elle seule le détour. Mais ça, on vous le réserve pour notre prochaine édition papier du magazine! Rendez-vous donc en mai pour en découvrir d'avantage.
Julie Queloz











