Théâtre des Jeux équestres mondiaux de 2006, l’arène principale d’Aix-la-Chapelle va revivre cet événement vingt ans plus tard, du 11 au 23 août. Voilà qui promet ! © LDD Théâtre des Jeux équestres mondiaux de 2006, l’arène principale d’Aix-la-Chapelle va revivre cet événement vingt ans plus tard, du 11 au 23 août. Voilà qui promet ! © LDD

Jeux équestres mondiaux : les 10es pourraient être les meilleurs !

Magnifiquement lancés en 1990 à Stockholm, les Jeux équestres mondiaux, événement quadriennal et plus grande vitrine pour le cheval de sport avec cinq à huit disciplines, sont devenus quasiment incontournables, quoique très coûteux et compliqués à organiser. Il y a eu des hauts, comme Stockholm, Rome ‘98, Aix-la-Chapelle 2006 ou la Normandie 2014, et des bas, en 1994 à La Haye surtout ou en 2022 à Herning, où seules quatre disciplines étaient à l’affiche. On crut alors la fin du concept imminente. À Stockholm et à Aix, on fut proche de l’équilibre financier, à La Haye, à Jerez, au Kentucky ou à Tryon, on connut de gros problèmes de trésorerie. Aix 2026, du 11 au 23 août, pourrait nous offrir les plus beaux Jeux du genre.

Imaginés tous les quatre ans, les années paires, en alternance avec les JO, où seules trois disciplines, le saut d’obstacles, le concours complet et le dressage, sont à l’honneur, les Jeux équestres mondiaux (JEM) doivent montrer la diversité et la richesse de notre sport, allant jusqu’à accueillir huit disciplines (le reining a depuis quitté la FEI, remplacé par le para-dressage). Portés par le Prince Philip, alors président de la Fédération équestre internationale, ces Jeux mirent une quinzaine d’années à naître.
Les JEM furent tout d’abord imaginés comme une expérience ponctuelle ou épisodique. Le succès et l’engouement autour de la première édition, organisée en été 1990 en plein cœur de Stockholm, dans le stade olympique, un lieu chargé d’histoire où avaient eu lieu les premiers vrais JO équestres (1912), et dans le plus grand  parc de la capitale pour le cross et le marathon, contribua à pérenniser l’événement. Il faut dire que les rênes du comité étaient tenues par Pehr G. Gyllenhammar, alors PDG de Volvo, un homme de poigne et de consensus à la fois. Le soleil et la venue d’un public très nombreux finirent d’assoir ce succès. Les revenus générés par les JEM dépassèrent toutes les attentes et profitèrent à la Suède, qui est devenue une vraie nation cavalière (1er sport féminin, 3e masculin).

La Haye : l’exemple à ne pas suivre !

Le magnifique stade olympique de Stockholm, théâtre des JO de 1912 et de 1956, accueillait les premiers Jeux équestres mondiaux, à cheval sur juillet et août 1990. © Alban Poudret Le magnifique stade olympique de Stockholm, théâtre des JO de 1912 et de 1956, accueillait les premiers Jeux équestres mondiaux, à cheval sur juillet et août 1990. © Alban Poudret

Quatre ans plus tard à La Haye, on tomba de haut ! L’arène ne semblait pas prête, la salle de presse non plus, des bâches flottaient au vent, la décoration avait été bricolée à la hâte et on était au milieu de nulle part. Où était passée la grandeur des Jeux ? Le Zuiderpark, c’était d’abord des containers partout, des kilomètres de câbles et de fils électriques à même le sol. « Trois ans, c’est bien peu pour mettre sur pied un tel événement avec succès », avait averti le Prince Philip avant même que la cité néerlandaise ne soit désignée. Il ne se trompait pas.
La Haye eut par ailleurs à sa tête une équipe moins consistante et surtout moins unie, moins d’appuis financiers et aucune infrastructure existante. Le pari était risqué et il ne fut pas relevé. Il se termina même par une banqueroute retentissante, qui pénalisa la fédération néerlandaise et les fournisseurs. La programmation était mal conçue. Ainsi la demi-finale individuelle de saut avait-elle été prévue en soirée, sans qu’il y ait le moindre éclairage ! Que ce serait-il passé en cas d’orage ? Un report de 24 heures de la tournante, un lundi ?
Les cavaliers eurent également à souffrir de certaines improvisations, de problèmes électroniques (le tableau – suspendu à une grue et descendu quand le vent soufflait trop ! – ne fonctionnait pas au début), les grooms de logements indignes, sans douches, les chevaux de l’absence de jets et les spectateurs d’un système de ticketing défaillant. On dénombra – un peu généreusement – 310’000 spectateurs.
Le retentissement de ces Jeux n’eut rien à voir avec ceux de Stockholm. 22 heures de retrans- missions possibles, contre 54 heures en 1990. Et une programmation ratée. Malgré toutes ces réserves, le sport fut dans l’ensemble de qualité.

Rome relève un sacré défi

La malchance et les contretemps se poursuivent bien après La Haye, puisque Dublin jette l’éponge un an avant l’ouverture des Jeux de 1998. Cet abandon fut vécu comme un drame par l’Irlande. La FEI craignait de ne pas trouver de remplaçant, ce qui aurait sans doute signifié l’abandon du concept. Elle eut pourtant à choisir entre deux candidats sérieux, Aix-la-Chapelle et Rome, elle opta pour ce dernier. Et le miracolo fut ! « Le président de la Fédération italienne Cesare Crocce, qui, par son habilité et sa volonté de fer, orchestra avec brio la complexe symphonie qu’est l’organisation d’un pareil événement », écrira Xavier Libbrecht.
D’autres l’aidèrent à rendre possible l’impossible, notamment l’homme de presse et cavalier international Andrea Riffeser, qui garda serrés et aida les cordons de la bourse ou encore la directrice sportive Eleonora Ottaviani, qui dirigeait déjà l’IJRC, le Club des cavaliers internationaux. Les dépenses engagées pour faire vivre ces Jeux furent couvertes et, sportivement, les épreuves furent une réussite, tant dans le Stade Flaminio (saut, dressage et partie du complet) qu’à Pratoni del Vivaro (cross et attelage).

Jerez : l’Andalousie, mais des failles…

Les 4es Jeux équestres mondiaux furent attribués en 1997 déjà à Vejer de la Frontera, en Andalousie, si bien que les Espagnols eurent tout le temps nécessaire pour préparer une belle fête.
Pour la première fois, sept disciplines étaient à l’affiche, le reining venant s’ajouter aux autres. L’État espagnol et tous les échelons régionaux et nationaux soutinrent les projets et les efforts des organisateurs. La région, qui abrite l’École royale andalouse d’équitation, avait, il est vrai, une grande tradition à défendre.
Le stade de football de Vejer accueillit le saut et le dressage, une arène couverte abritant la voltige et le reining. Il y eut des critiques sur le sol en sable du stade, sur la rivière et des parcours, controversés, le brouillard qui recouvrait cette piste le matin. Quant à la société chargée des résultats et des graphiques, elle s’en alla juste avant le début des compétitions, remplacée in extremis par les Hollandais de Computer Graphics. Épique ! En revanche, le terrain pour le cross et le marathon d’attelage était magnifique, un vrai golf ! Et l’endurance fut plutôt belle à suivre, même si le vainqueur fut accusé d’avoir été relayé…
Financièrement, le résultat fut nettement moins convaincant et les responsables firent un peu la sourde oreille. Le déficit vint plus tard…

Aix-la-Chapelle 2006 : « kolossal » et à refaire !

En 2006, on atteint un second sommet après Stockholm avec Aix-la-Chapelle, le temple du dieu cheval ! 50’000 personnes dans le grand stade qui exultent lors du Grand Prix Spécial, tapent des mains en cadence lors de la dernière ligne piaffer-passage des derniers favoris, Isabell Werth, qui triomphera avec Satchmo… Tous dans la communion d’une même passion. Une émotion doublée de la qualité et de l’intensité d’un sport en pleine progression technique et en pleine mondialisation. Parmi les 61 pays présents, un record, plusieurs nouveaux venus. Et l’Allemagne, bien sûr, avec sa force, sa grosse machinerie et ses nombreux passionnés, reste maître du monde équestre, dans son orchestration comme dans sa pratique.
L’organisation de ces Jeux est remarquable, minutieuse. Dotée d’installations agrandies, modernisées et relookées, grâce à l’impact de ces Jeux, Aix gardera du reste pour l’avenir son stade de saut désormais éclairé et ses pistes de cross et de marathon situées tout à côté. Sur l’ensemble de ces JEM 2006, on dénombrera 576’000 spectateurs, malgré une météo très moyenne : record ! Le retentissement médiatique est immense, avec 1’200 journa- listes, 300 photographes et des TV du monde entier. Pour la première fois, on n’était pas dans un grand stade de football ou multi-sports, mais dans un complexe équestre, le plus grandiose du monde. Le reining n’a pas vraiment trouvé son public, ni ses marques, mais on le reverra aux Européens 2015, contrairement à l’endurance, qui n’est décidément pas la tasse de thé, ni la chope des Allemands. Ceci dit, la course, très vallonnée et atypique, avait des aspects très « nature ». En saut d’obstacles, Jos Lansink obtient un titre mérité, face à trois femmes, majoritaires dans cette « tournante ». Par équipe, la Hollande de Rob Ehrens triomphe. En dressage, comme en 1994 à La Haye, la FEI a décidé de distribuer deux lots de médailles, deux titres, un en Spécial, l’autre dans la Kür. C’est un de trop, mais cela profite à Isabell Werth, et à Anky van Grunsven, reine des RLM avec Salinero.
En complet, la Reine, c’est la jeune et sympathique « princesse » Zara, petite-fille de Sa Majesté la Reine Elisabeth II. Déjà championne d’Europe, elle ajoute à 24 ans une nouvelle couronne. Son Toy Town se joue de tout avec facilité et décontraction. À l’image de sa cavalière ! En attelage, le Belge Félix-Marie Brasseur obtient son second titre mondial, dix ans après Waregem. Le succès est total, sportif et financier.
Surtout, Aix a su profiter de ces Jeux pour moderniser ses infrastructures. Ils ont su construire un vrai siège, rénover le stade de dressage, repensé leurs allées et leurs jardins. Un travail remarquable, une vision à long terme, qui porte encore ses fruits aujourd’hui. Sur les 40 millions d’euros du budget, la moitié a servi au fonctionnement et l’autre à des investissements pérennes sur le site. Un quart a été couvert par les sponsors, un quart par la billetterie et le reste par l’État.

Lexington : un cadre magnifique, un bilan mitigé

Avant-dernière finale dite tournante des championnats du monde, Lexington 2010 a vu le sacre du Belge Philippe LeJeune montant Vigo d’Arsouilles, sans-faute lors des cinq tours qualificatifs. © hippofoto.be/R Avant-dernière finale dite tournante des championnats du monde, Lexington 2010 a vu le sacre du Belge Philippe LeJeune montant Vigo d’Arsouilles, sans-faute lors des cinq tours qualificatifs. © hippofoto.be/R

Au Kentucky Horse Park, théâtre des JEM 2010, il y avait tout pour bien faire, un immense espace dédié au cheval, – 500 hectares rythmés de barrières blanches (il faut 450’000 dollars pour les repeindre tous les trois ans !) et de petits vallons, un beau stade principal, de nouvelles halles flambant neuves, des volontaires polis et aimables... Et pourtant ce ne fut pas le succès escompté. Quelques couacs dans l’organisation, moins de spectateurs que prévu, de gros soucis financiers, comblés en partie durant les Jeux par le  sponsor Alltech, la FEI (envolées les primes espérées !) et l’entourage de la Princesse Haya. On parlait d’un trou d’une dizaine de millions de dollars… Cela n’allait pas empêcher Alltech de rempiler quatre ans plus tard en Normandie.
Les organisateurs avaient certes vu les choses en grand, avec des cérémonies d’ouverture et de clôture grandiloquentes et des concerts, mais à l’image de Cassius Clay, icône bien malade, tout n’était pas adéquat ni du meilleur goût. Dix fois on vous souhaitait la bienvenue, mais dans le même temps on vous faisait faire la queue deux fois pour passer votre corps et vos affaires aux rayons x. Pire qu’aux JO, les contrôles !
Ceci dit, on était heureux d’être outre-Atlantique, après cinq éditions en Europe. Et malgré la distance et les frais, 58 pays, 632 bipèdes et 752 chevaux étaient de la fête. On a vécu de belles épreuves en extérieur, avec le cross et le marathon. Le reste fut plus inégal. Le programme était encore plus important avec l’introduction d’une huitième discipline, le para-dressage (88 en lice). Le grand stade de 22’000 places était rarement plein (une fois, pour la Kür, et presque pour la tournante !). Les organisateurs comptaient sur 600’000 billets vendus et ce fut plutôt la moitié. On a avoué avoir compté les bénévoles pour faire croire au demi-million… Il faut dire que les tickets étaient assez chers (jusqu’à 120 dollars).
En saut, Philippe LeJeune obtenait, à 50 ans, la consécration. Il fut le seul à boucler neuf tours sans faute, six avec son propre cheval, l’étalon BWP Vigo d’Arsouilles, et trois avec les chevaux de ses adversaires dans la tournante. Par équipe, la Belgique de Philippe Guerdat créait aussi la sensation en se classant 3e, mais à distance de l’Allemagne et de la France, 2e.
En dressage, premier titre mondial en équipe pour les Pays-Bas, grâce à Edward Gal et Totilas, souverains depuis Windsor 2009. En  complet, Michael Jung et son très admiré Sam débutaient leur chasse à l’or, Par équipe, domination britannique. En attelage, sacre logique et époustouflant de l’Australien Boyd Exell.

Normandie 2014 : les cavaliers plutôt contents

Avec huit disciplines à l’affiche, du beau sport et un public vibrant, du 23 août au 7 septembre, les Jeux équestres mondiaux FEI Alltech 2014 en Normandie furent un vrai succès. Le public, lui, en garda un souvenir un peu plus mitigé, malgré de grands moments. Un manque de convivialité, des bars, restaurants et stands souvent fermés à l’issue des épreuves, des files d’attente effrayantes sur les routes menant au cross (que certains n’ont pas pu voir du tout !) mais une belle réussite sportive. Le cross au mythique Haras du Pin, l’endurance jusque sur la baie située face au Mont-St-Michel, le stade de foot de Caen plein à craquer pour le saut d’obstacles, où les parcours étaient magnifiques, le décor était à la hauteur. Pour Rodrigo Pessoa, déjà là à Stockholm (à 18 ans non révolus), et en or à Rome, huit ans plus tard « ce furent les plus beaux Jeux mondiaux ».
On dénombra « 314’000 spectateurs pour un total de 575’000 entrées ». D’autres chiffres ? 76 nations, 300 photographes et près de mille journalistes et techniciens au total, 300 exposants, 1’000 compétiteurs et un peu plus de chevaux, 3’000 bénévoles, 12’000 accréditations, 500 millions de téléspectateurs. Les comptes furent apparemment positifs, ce qui plaisait aux politiques, très présents, on parlait même d’un excédent d’un million d’euros. Les fonds publics, de 38 millions d’euros (67 euros par entrée) furent stables dès le projet initial. Les études d’impact font état de 100 millions à 148 millions d’euros de retombées économiques. Des « chiffres difficilement expertisables, mais qui témoignent de retombées économiques certaines ».

Tryon : des Jeux contrastés

Pour Steve Guerdat et Martin Fuchs, Thomas Fuchs méritait aussi les deux médailles décrochées par les as helvétiques, les deux premières de l'histoire, aux Jeux mondiaux de Tryon 2018. © Alban Poudre Pour Steve Guerdat et Martin Fuchs, Thomas Fuchs méritait aussi les deux médailles décrochées par les as helvétiques, les deux premières de l'histoire, aux Jeux mondiaux de Tryon 2018. © Alban Poudret

De Tryon, on retiendra bien sûr le sport, du saut d’obstacles à son meilleur niveau, un marathon d’attelage fort réussi, un cross de derrière les fagots. Mais on ne pourra pas non plus oublier l’impression effarante du début, une partie des installations en mode « chantier », avec des trax et des bulldozers partout, des logements de fortune (des tentes militaires pour les grooms, des chambres à 40 km, sans parler des hôtels non-construits), une cérémonie d’ouverture minable, une mascarade d’épreuve d’endurance, mal préparée et annulée, une improvisation dans les horaires et l’organisation. Mettez-vous à la place des Néo-Zélandais, des Chiliens ou des Suisses, qui avaient axé toute leur année sur ce Mondial d’endurance et entrepris un aussi long et coûteux voyage pour se voir privés de tout, plus à cause de la maladresse (ou de la triche ?) des uns et de l’incompétence des autres que « pour le bien-être des chevaux », comme la FEI nous l’a répété. Car, enfin, si le climat était si malsain (c’était le même depuis une semaine), il n’aurait pas fallu prévoir la course de nuit. La sélectionneuse française Bénédicte Edmon-Bon n’a pas mâché ses mots : « Pour moi, ça sonne la fin de l’endurance, la vraie, celle qui porte les valeurs du sport et l’amour de l’animal. Faut-il laisser les fédérations nationales gérer « l’endurance sportive » et les Émirats organiser leur « endurance business » ? Tout ça n’est qu’un gâchis monumental. » La Fédération suisse, par la voix d’Evelyne Niklaus, entendait être remboursée pour les 120’000 fr. dépensés pour rien. Le fait de devoir annuler la Kür s’expliquait, en revanche, par les pluies diluviennes du dimanche et l’impossibilité de pouvoir retarder l’avion des chevaux de dressage européens de 24 heures. Les cavaliers de saut, eux, étaient plutôt heureux du sport, mais le champion olympique Éric Lamaze a tout de même écrit : « Tryon est mon septième championnat du monde et, à mon avis, il s’agissait du pire jamais tenu, avant d’ajouter : « L’endroit et les ratés mis de côté, j’ai trouvé que le sport était extraordinaire. » Ces tribunes désespérément vides, ce grand stade qui ne se remplira qu’une fois à moitié, le dernier jour pour le saut d’obstacles (avec des billets à 120 dollars, pas de miracle)... Le boss Mark Bellissimo l’a admis « nous avons fait des tonnes d’erreurs », avant de se lancer dans un grand plaidoyer, se disant fier de tout ce que lui, ses partenaires en affaires, ses collaborateurs et ses bénévoles avaient accompli. Et de présenter ses projets, plus grandiloquents les uns que les autres ! Il est vrai que Tryon n’avait eu que deux ans pour se préparer suite au retrait de Bromont (Canada) et que ce site de 1’600 hectares aurait pu convenir s’il avait été bien fini. La perte financière fut immense. Ce d’autant que Meydan, sponsor principal avec Longines, n’était pas disposé à payer tout ce qu’il devait, le contrat n’ayant pas été rempli. Le président de la FEI Ingmar De Vos admettait « qu’il faudra voir si le format des JEM est toujours viable.»

Herning : une formule bien réduite

En réunissant quatre disciplines seulement, les Mondiaux de Herning avaient la particularité d’offrir en dix jours, ou en une journée-marathon, le meilleur de chacune d’entre elles. Sur ce point, le sport a tenu ses promesses et a sacré de beaux champions. Mais le concours complet et l’attelage allaient se dérouler un mois plus tard à Rome-Pratoni et l’endurance ailleurs encore, rabotant le concept de base !
Ces Mondiaux 2022 ont consacré des chevaux-stars. En saut, en l’absence d’Explosion W, King Edward a décroché les deux médailles d’or. Idem en dressage, Charlotte Fry a bluffé son monde en décrochant deux médailles d’or à 26 ans, mais l’objet de toutes les convoitises était bien son superbe Glamourdale. Le para-dressage et la voltige ont profité d’être associés à deux disciplines plus médiatiques. Et les cérémonies du para avaient les honneurs du grand stade. Cela plaide en faveur de Mondiaux réunis. On a toutefois été déçu de l’affluence enregistrée pour le saut. Grâce à Cathrine Laudrup-Dufour et cie, le dressage a rempli une ou deux fois ce stade de foot de 12’000 places, mais le saut n’a attiré la foule que le vendredi soir pour la finale par équipe, dominée par les Suédois d’Henrik von Eckermann.
Autre motif de déception, la médiatisation, excepté sur les réseaux sociaux. Seules quatre chaînes nationales – le Danemark, la Suède, la Suisse et l’Allemagne, peu présente – avaient des postes de commentateurs, ainsi que ClipMyHorse (FEI TV). C’est beaucoup moins que naguère. Les problèmes d’affichage des résultats vécus lors de la finale par équipe auront encore compliqué la donne. Les grands quotidiens ont aussi beaucoup réduit présence et espaces, seule la presse spécialisée tient bon.

Aix 2026 : on peut se réjouir !

Théâtre des JEM 2006, Aix-la-Chapelle a poursuivit la constante modernisation de ses infrastructures afin d’accueillir l’élite mondiale des sports équestres. Six disciplines seront à l’affiche : saut d’obstacles, dressage, para-dressage, complet, attelage et voltige. Seule l’endurance, prévue à AlUla avant les problèmes géo-politiques (voir Au galop) devra aller ailleurs, les Aixois n’ayant pas un très bon souvenir de l’expérience de 2006, disputée à cheval sur la Belgique, les Pays-Bas et l’Allemagne, surveillée de très près, pour ne pas dire contrôlée, par le Cheik Al Maktoum. Comme pour Tryon 2018, Rolex, sponsor ici depuis l’an 2000 et pour très longtemps encore, a eu la classe de s’effacer pour quinze jours, la FEI étant associée exclusivement à Longines. Cela permet d’offrir aux cavaliers et aux chevaux la meilleure scène de la planète cheval.
On nous promet du grand sport et aussi une cérémonie d’ouverture époustouflante et très interactive, avec de la musique et une chorégraphie qui en fera « beaucoup plus qu’une Parade des nations et des athlètes ». Ce site incomparable bénéficie de plusieurs investissements destinés à ces Jeux et peut-être aussi au projet de JO en Allemagne, probablement en 2036. De nouveaux boxes ont été construits afin d’améliorer les capacités d’accueil de plus de mille deux cents chevaux. Mille raisons d’espérer un événement sans faille, aussi réussi que la première des JEM à Stockholm, voici 36 ans.

Alban Poudret


Ce week-end

À l'étranger

En Suisse

Championnats de Suisse – saut d'obstacles
Lyss-Kappelen (BE)

Nos partenaires

N'attendez plus!

Abonnez-vous!

Suivez le #CavalierRomand

Le magazine a bien été ajouté à votre panier !

Continuer sur le site Voir le panier