Peter Scotton, Christine Baumgartner et Denis Roux (de g. à dr.), un trio motivé qui a la lourde tâche de redresser et de pérenniser l’IENA ces prochaines années. © Alban Poudret Peter Scotton, Christine Baumgartner et Denis Roux (de g. à dr.), un trio motivé qui a la lourde tâche de redresser et de pérenniser l’IENA ces prochaines années. © Alban Poudret

L'IENA à un tournant : 27 ans, l’âge de la maturité. Et des projets.

Construit en 1998 et inauguré le 18 septembre 1999, l’Institut équestre national d’Avenches a fait beaucoup de chemin depuis, mais il a perdu son père-fondateur, Jean-Pierre Kratzer, en février 2025 et quelques illusions depuis, la situation financière n’étant pas simple. Prêts à relever ce défi, avec une vision claire et de nouveaux projets, le trio formé de Denis Roux, actuel président de l’Institut, Christine Baumgartner, directrice, et Peter Scotton, influent membre du Conseil d’administration, répond avec franchise à nos questions.

L'IENA est au seuil d'une saison importante et attrayante, avec des courses le week-end et en nocturne – de quoi attirer plus de monde –, un cinquième CCIO 4* et une finale des Coupes des Nations EEF 4* qui pourra surfer sur le succès de celle de 2025. Cet événement sera suivi des finales d’élevage, avec la pérennisation du concept d’Equus Helveticus, pour que, comme l’an dernier, les meilleurs jeunes chevaux étrangers, les CH et les FM se retrouvent tous à la même fête. Mais les responsables de l’IENA entendent à l’avenir déléguer davantage les tâches événementielles à des organisateurs externes, que ce soit pour des petites manifestations ou des méga-grandes, comme ces éventuels Jeux mondiaux dont on parle pour 2030 ou 2034… Assainir, pérenniser, déléguer, mais aussi s’ouvrir, tout en ayant le bien-être animal en tête, voici la stratégie de l’IENA nouveau.

Après 27 ans sous la houlette de Jean-Pierre Kratzer, un nouveau chapitre a débuté en 2025, avec déjà plusieurs changements. Pourquoi cette évolution et quel rôle y jouez-vous ?
Denis Roux :
L’histoire a commencé à l’Hippodrome d’Yverdon-les-Bains. À l’époque, j’étais allé chercher Jean-Pierre Kratzer, avec qui j’étais à l’armée, car nous avions besoin de quelqu’un comme lui dans l’équipe. Il a ensuite eu l’opportunité de créer l’IENA. Dans les derniers mois de sa vie, il m’a demandé comment je voyais l’avenir et il n’y avait à mon sens qu’une seule réponse envisageable : pérenniser l’héritage. Après son décès, la première étape a été que l’IENA continue à fonctionner normalement, grâce aux équipes en place. Ensuite, Christine (Baumgartner) et moi avons relevé les choses à changer et on a avancé. Puis, nous avons été rejoints par Peter (Scotton). Qui n’avance pas recule et notre but est d’aller de l’avant car si on ne fait rien, on va couler. Globalement, l’IENA est dans une situation compliquée. On a pris les premières mesures, à commencer par le restaurant. On a nommé une commission qui a estimé qu’il serait mieux de changer de gérance. Ce n’était pas facile humainement, mais il le fallait. Ensuite, on s’est penché sur les diverses tâches de l’IENA, qui faisait tout, à savoir organisateur de courses, de concours, restaurateur, gérant d’écurie, etc.

IENA © LONGINES EEF Series IENA © LONGINES EEF Series

Christine Baumgartner : J’ai travaillé à l’IENA de 2009 à 2022, puis à nouveau depuis 2024. Je connais bien les différents départements. J’avais senti en revenant que nous étions à une période charnière de notre fonctionnement, aussi en raison de l’évolution de la société. On a vécu pour et par les courses, mais les paris sont en baisse et la discipline est fortement concurrencée par les autres paris sportifs. C’est donc l’occasion de repenser notre fonctionnement. Au bout du compte, l’IENA est une entreprise qui doit entretenir ses infrastructures et payer ses collaborateurs (environ 25 emplois à temps-plein, ndlr). L’idée est de se concentrer sur la gestion du site et la mise à disposition des infrastructures. L’entretien du site, qui a plus de 28 ans, est énorme (350’000 fr. par année, ndlr) et pour le faire correctement, nous devons nous développer autrement. On a une très bonne collaboration avec Swiss Equestrian, qui est actionnaire à hauteur de 32% et qui a beaucoup développé les activités à Avenches. On essaie donc d’être davantage un prestataire de service qui met une infrastructure à disposition et qui diversifie son offre.

Peter Scotton : Après avoir assaini deux fois Galop Suisse, je suis entré au conseil d’administration de l’hippodrome de Zurich-Dielsdorf où j’ai fait l’assainissement avec Toni Kräuliger. La Société de cavalerie de Zurich était en faillite, on a donc séparé la société anonyme (SA) « Horse Park Zürich-Dielsdorf », qui possède les droits de superficie et les bâtiments, et l’association de courses (la « Rennverein Zürich »), qui organise les événements. L’association paie une location au Horse Park. Tout le monde est gagnant, le Horse Park arrive à faire entre 300 et 400’000 francs d’amortissement par année et possède plus de la moitié de ses fonds propres – ce qui est excellent –, tandis que l’association assure la tenue des courses grâce aux sponsors et boucle chaque saison dans le positif. C’est ce que nous voulons mettre en place à Avenches, où j’ai été locataire pendant 20 ans avec une trentaine de galopeurs. Je suis donc revenu à l’IENA au sein du conseil d’administration. Par mon expérience en fiduciaire et en entreprenariat, j’ai analysé la situation de manière un peu différente. L’IENA est le plus grand pôle équestre national et les courses ne peuvent plus en assurer toutes les charges, les autres disciplines aussi doivent participer. On ne peut pas rester uniquement sur le pilier des courses si on veut assurer le futur. De plus, il est clair que le lieu des grandes manifestations internationales à l’avenir, c’est ici. Toutefois, il faut des compétences importantes pour organiser de grands événements et ce n’est pas du ressort des collaborateurs de l’IENA, qui travaillent déjà toute la semaine au bon fonctionnement du site. C’est pourquoi nous voulons louer nos places en proposant des infrastructures de qualité et bien entretenues. Ainsi, tout le monde profite du savoir-faire des autres. Désormais, nous nous voyons comme une société immobilière qui met ses infrastructures à disposition, les entretient, les développe et coordonne les dates. Quant aux courses, l’idée est de faire la même chose qu’à Dielsdorf en séparant l’IENA et la société organisatrice. Cette dernière serait ensuite libre de chercher des sponsors pour ses courses et organiser davantage de réunions avec les bénéfices. Si on veut de grands événements et des sponsors, il faut aussi attirer un vrai public. Et sur ce point, il y a un effort à faire pour remplir  les tribunes et amener un côté plus festif aux manifestations.

« Il n’existe aucun autre endroit en Suisse pour concurrencer Avenches. » Peter Scotton

C. B. Pour les courses, on s’est rendu compte qu’attirer du monde en semaine à midi, c’était difficile. L’an dernier, on a fait une journée test le samedi et on a eu un monde fou. Cette année, on a donc mis sur pied un super programme avec dix samedis, dont trois en semi-nocturne et sept à midi, et un dimanche. On n’ a plus vu cela depuis des années ! L’idée est aussi d’avoir une communication plus active et de se diversifier. À Pâques par exemple, il y aura un concours de chevaux islandais et des courses de galop et de  trot en parallèle. Enfin, on a de nouveaux restaurateurs (Jonathan, formé notamment chez Paul Bocuse, et Marine Pingris, qui tenaient ensemble la réputée Auberge des Carabiniers à St-Aubin/FR, à 1 km de là, ont repris les lieux, renommés « Le Yearling », ndlr). Ceux-ci doivent gagner leur vie et vont tout faire pour bien recevoir le public.

D. R. On a profité de nos excellentes relations avec la France pour obtenir de meilleurs créneaux pour les courses. Les paris sont plus bas pour des courses en semi-nocturnes comparé à celles de midi, mais il faut être prêt à faire ce pas si on veut promouvoir le sport. Sinon, on reste dans des courses « alimentaires », permettant seulement au monde des courses de tourner. Or, il faut assurer une pérennité et ce changement répond au besoin d’avoir davantage de monde impliqué dans les courses, car nous avons de moins en moins de chevaux, de propriétaires et de drivers. L’année dernière, il n’y avait eu aucun candidat pour la licence de trot. Cette année, il y en a déjà six car les drivers ont vu qu’ils auraient des créneaux pour courir le week-end. C’est peut-être un peu au détriment des professionnels, mais on doit aussi prendre le parti des amateurs, c’est là qu’il y a un réservoir.

Y a-t-il donc consciemment une volonté d’un changement d’image vers un IENA plus populaire et festif ?

C. B. Clairement ! Je me cite en exemple, j’ai grandi dans la région, j’ai été en pension ici et je ne serais jamais allée voir une course… Il y a une image assez froide et distante de ce bel endroit où l’on n’ose pas aller. Le but est de s’ouvrir à d’autres disciplines, d’être moins élitaire et de rendre l’IENA plus sympathique et ouvert à tout le monde.

P. S. Au sujet de la présence d’autres points de restauration sur le site (qui fut régulièrement une pierre d’achoppement, ndlr), le problème est réglé. Les organisateurs de manifestations peuvent apporter leur traiteur ou travailler avec le gérant, c’est ouvert. Il n’y a plus de monopole.

C. B. Par exemple, en février lors des parcours d’entraînement, Martial Perrin, a fait un stand de vin chaud et de tartiflettes en collaboration avec le restaurant. C’était du jamais vu et très sympa ! Cette atmosphère, ce lieu de rencontre où on a envie de retourner, nous manquait.

D. R. L’autre bon exemple, c’est Cheval Passion l’an dernier, avec un beau succès des animations pour les enfants. Il y avait aussi des promenades en char sur le site pour que les gens de la région le découvrent. Ce n’est pas un lundi à midi qu’on peut le faire. En fait, on s’est rendu compte que quand on donne la possibilité aux gens d’avoir des idées, ils en ont plein !

le restaurant a été complètement refait par les nouveaux gérants qui l’ont renommé le Yearling. © LDD Le restaurant de l'IENA a été complètement refait par les nouveaux gérants qui l’ont renommé le Yearling. © LDD

Justement, quels sont les autres projets d’ouverture au grand public ?
D. R.
On a entre autres évoqué l’idée d’un festival de musique et nous avons aussi la possibilité de louer l’endroit pour des mariages. Toutefois, dans tout ce qui peut être fait en plus, il faut toujours garder à l’esprit qu’il ne faut pas perturber les chevaux sur place (entre 100 à 150, ndlr), on reste un centre d’entraînement. Étant proches de la Grande Cariçaie, on a aussi des atouts impressionnants au niveau de la biodiversité avec notre étang, des castors, des cigognes, etc. On peut imaginer des chemins didactiques, mais sans déranger les chevaux. Si on veut faire connaître les lieux, on ne peut pas se cantonner à des courses ou des concours de temps en temps.

P.S. Et le gérant du restaurant a son propre réseau, il peut développer ses activités à sa guise dans ce beau cadre.


Concernant les concours, un organisateur venant avec un projet a donc plus ou moins carte blanche ?
P. S.
La seule chose que l’on refuse, c’est que l’IENA prenne tous les risques dans toutes les disciplines. On n’a ni les connaissances, ni les ressources, ni les moyens. C’est à chaque organisateur de trouver ses sponsors et de faire son marketing, ça ne doit pas être notre souci. Toutefois, je pense que le défi est réalisable. Celui qui veut bénéficier du plus grand pôle équestre de Suisse, doit organiser son événement et payer une location pour des installations de qualité. Ainsi, on peut s’assurer de la survie de l’IENA.

C. B. On a vu l’an dernier avec la Finale EEF que l’on peut laisser une équipe faire tout aussi bien, si ce n’est mieux que nous, et être en back-office pour les soutenir. C’était extraordinaire !

La convivialité est désormais de mise à l’IENA comme on l’a vu l’été dernier avec la Finale des Nations de l’EEF, mise sur pied par MM. Smits, Pradervand et Darioly. © photobujard.com/R La convivialité est désormais de mise à l’IENA comme on l’a vu l’été dernier avec la Finale des Nations de l’EEF, mise sur pied par MM. Smits, Pradervand et Darioly. © photobujard.com/R

Justement, imaginez-vous qu’à la suite de la Finale EEF, prévue à Avenches jusqu’en 2027, un grand événement de saut perdure ?
D. R.
Ça peut susciter des vocations. Les gens ont vu ce dont l’endroit était capable. Le grand atout, c’est le terrain et le sol.

C. B. C’est vrai qu’on est dans la Broye, pas à Lausanne ou à Zurich, mais on reste un petit pays avec des connexions proches et la Suisse allemande à deux pas. De plus, il y a une vraie facilité pour l’organisateur avec la proximité de l’autoroute, l’espace, les places de parc, etc.

L’IENA chapeautait la Coupe des Nations de concours complet et il y aura les championnats d’Europe en 2027, qu’en est-il à présent ?

C. B. C’est un comité externe qui fonctionne depuis les Européens de 2021, avec Danielle Vogg à sa tête. Selon la discipline, l’apport de l’IENA est plus ou moins grand, notamment pour le cross avec les obstacles. Mais là aussi, on est soutenu par Swiss Equestrian.

Le projet de Jeux mondiaux en 2030 a été évoqué à plusieurs reprises. Allez-vous constituer un dossier ?

C. B. Oui, je pense. 2030 me paraît court, mais 2034 plus envisageable.

D. R. Ce serait le rêve d’être capable de faire ceci, en tant que fournisseur d’installations bien sûr, parce qu’il y a tout pour bien faire. Et s’il y a d’autres personnes qui sont d’accord de rêver à cela, il faudra tous se mettre ensemble autour d’une table pour faire  ces Jeux olympiques du cheval ! 2030, c’est serré, mais je rappelle qu’en 2021, on avait monté les Européens de complet en quelques mois. Pour cela, il faut qu’il y ait du monde derrière.

« Qui n’avance pas recule. Notre but est d’aller de l’avant, car si on ne fait rien, on va couler. » Denis Roux

Dans quel état sont les infrastructures ?
C. B.
Tous les terrains FEI sont excellents, ils ont tous été mis à jour il y a deux ans. L’éclairage et l’arrosage du manège sont à améliorer. On s’est fait une frayeur avec l’éclairage lors de la Finale EFF et c’est l’un de mes premiers sujets de préoccupation. Jean-Pierre (Kratzer) a été avant-gardiste à l’époque, notamment en bâtissant un manège aussi grand, mais on doit se mettre à jour en fonction de nos besoins actuels qui sont différents de ceux d’il y a 25 ans. Il faut aussi se rendre compte que les frais d’entretien sont gigantesques.

P. S. C’est pourquoi nous avons besoin d’autres revenus que ceux des courses, pour garder tout ceci en bon état et continuer à se développer. On imagine même une troisième halle, avec des boxes. Cela dépendra des sponsors et des soutiens.

Où en est le projet de la société de courses ?
D. R.
Le processus est en cours. Il s’agira de l’Hippodrome romand d’Avenches pour succéder à l’Hippodrome romand d’Yverdon. Historiquement, il y a une suite logique de passer d’HRY à HRA. On va commencer à faire une ou deux réunions sous cet égide cette année pour voir si ça fonctionne. La principale pierre d’achoppement est le montant du loyer facturé par l’IENA. Tous les frais directs des courses seront pris en charge par la société qui, pour autant que tout le monde soit d’accord, recevra les retombées financières du Pari mutuel romand via l’ADEC (Association pour le développement de l’élevage  et des courses, ndlr). Cela permettra aux gens de la région d’être membre, d’avoir des avantages et donc à l’association et à l’IENA de se faire connaître. Parce qu’actuellement, si on allait demander aux gens dans les rues d’Avenches s’ils connaissent l’hippodrome, les réponses seraient surprenantes… On pourrait avoir un pendant pour les disciplines olympiques, mais c’est moins facile à mettre en place sans les revenus du PMU. Selon le rapport annuel de la Loterie romande, 3,240 millions ont été reversés au monde des courses. C’est beaucoup par rapport aux autres disciplines, mais les chiffres sont en baisse puisque les paris le sont aussi.

L’idée est donc d’aller chercher des sponsors pour les courses afin de compenser cette baisse ?

P. S. Exactement, en nous tournant d’abord vers la Suisse alémanique, comme nous avions eu à l’époque les BernerTag ou SeelanderTag, pour financer les courses puis pouvoir mieux les doter ou en organiser davantage. On essaie d’être le plus dynamique possible.

D. R. Actuellement, on vend les courses au PMU français et on reçoit 3% des paris ainsi qu’un pourcentage des paris effectués via Betclick et les autres plateformes. Sur ces entrées-là, la moyenne reste stable.

C. B. Ce qui est exceptionnel, soulignons-le. Il y a une réelle reconnaissance du joueur sur la qualité de nos courses. C’est une belle récompense et une marque de confiance.

D. R. Et ce malgré des horaires peu favorables, ce qui va changer en 2026. Un autre facteur a aussi été la baisse du cours de l’euro depuis une quinzaine d’années. Et on a perdu des membres actifs à cause du Covid. On espère les récupérer avec des courses le samedi. Les passionnés vieillissent.

« Le but est de s’ouvrir à d’autres disciplines, d’être moins élitaire et de rendre l’IENA plus sympathique et ouvert à tous. » Christine Baumgartner

Parlons maintenant d’élevage puisqu’Avenches est le lieu des finales nationales. D’ailleurs, celles de dressage n’auront pas lieu à l’IENA cette année, mais à Winterthour. Comment voyez- vous la suite ?
C. B
. La décision de partir est celle de la FECH car la cohabitation avec le National FM et ses épreuves de débardage rendait les choses compliquées. On va en revanche refaire les finales des jeunes chevaux de saut avec le concept d’Equus Helveticus pour que ce soit une vraie fête du cheval. Il y aura aussi la finale du Tour Romand le samedi. J’ai connu les grandes et belles années de ces finales d’élevage, je doute que l’on puisse les revivre car l’élevage suisse est en perte de vitesse, mais c’est important que l’on continue à honorer les jeunes chevaux et les éleveurs. C’est l’un des seuls événements organisés par l’IENA, en collaboration avec les fédérations, car cela avait été prévu ainsi à l’époque et on sait le faire (comme le concours Swiss Team Trophy de la mi-mars,  ndlr). Ce sont majoritairement les toutes grandes manifestations, à risque, que l’on délègue.

Malgré les soucis financiers et la situation actuelle, voyez-vous l’IENA plus fort que jamais dans dix ans ?
C. B.
C’est ça ou il n’y a plus d’IENA donc oui, c’est dans ce sens-là qu’on doit aller. 

P. S. Oui. Je crois que tout le monde a compris qu’Avenches était le pôle équestre le plus important du pays. Si on veut développer quelque chose, c’est ici. Il n’y a aucune autre place pour le faire. Je ne parle pas des grands concours comme Genève, Bâle et St-Gall, mais ils ne peuvent pas devenir des centres de formation et d’entraînement à long terme.

Pourtant, quand l’IENA a été créé, ce statut n’était pas acquis. La Suisse orientale voulait aussi son centre, la Suisse centrale de même.

P. S. On en a encore parlé récemment avec Damian Müller (président de Swiss Equestrian) et Toni Kräuliger (président du Horse Park de Zurich-Dielsdorf). Il est très clair que pour tout ce qui est international, c’est ici que cela se passe ! Zurich est trop petit, on ne peut plus rien agrandir ou construire car c’est dans une zone protégée, à Berne, c’est impossible et le projet de St-Gall a été abandonné. Il n’existe aucun autre endroit pour concurrencer Avenches, surtout que l’on peut se développer. On peut encore construire sur le site, par exemple des bâtiments pour des bureaux ou une troisième halle. L’IENA est donc le seul endroit où c’est faisable en peu de temps, si les financements sont là.

Quelles relations avez-vous au niveau politique ? Sentez-vous que la commune d’Avenches, le district de la Broye et le canton de Vaud ont pris conscience des atouts de l’IENA et qu’ils sont derrière vous ?
C. B.
Complètement ! La commune nous soutient depuis toujours, idem pour le canton. On a de forts soutiens, y compris financiers, et d’excellents rapports avec eux.

De manière globale, la Broye est en plein développement. L’IENA s’inscrirait donc pleinement dans cette dynamique ?
D. R.
Absolument ! On veut attirer du monde à Avenches, toucher un large public. J’irai même plus loin : faire descendre les gens de Berne, monter ceux de Lausanne ou de Genève.

La création d’un hôtel, est-ce toujours une idée ou cela reste-t-il un mirage ?
D. R.
Il faut toujours avoir l’esprit ouvert. L’IENA en tant que tel ne pourra pas le faire, mais si un groupe arrive avec un projet et qu’on y trouve un avantage, on ne va pas leur dire non.

P. S. Tout cela dépendra du développement que l’on aura dans les trois ou quatre prochaines années. 

Elisa Oltra & Alban Poudret


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