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Mieux vaut prévenir… pour guérir

Les factures vétérinaires donnent des sueurs froides à de nombreux propriétaires de chevaux. Pour éviter les situations inconfortables, les assurances équines proposent une roue de secours nécessaire.

Ce n’est un secret pour personne, les frais vétérinaires en cas d’accident ou de maladie peuvent atteindre des sommes conséquentes, et en augmentation. Plusieurs facteurs permettent d’expliquer ce phénomène de hausse. Le premier, c’est la place affective de plus en plus importante prise par le cheval dans la vie des propriétaires.
Jusqu’à la fin du siècle dernier, le cheval était davantage considéré comme un animal de rente ou de ferme et l’on allait moins loin dans les traitements. Désormais, avec la démocratisation de l’équitation, le cheval a pratiquement endossé le statut d’animal de compagnie et fait partie de la famille. Cela implique que l’on appelle plus facilement le vétérinaire qu’à l’époque, même s’il existe des profils de propriétaires différents.
« Les gens de chevaux ou du milieu n’ont pas changé et restent plus sereins, d’autres paniquent vite. C’est notre rôle de les rassurer, mais je pense aussi qu’on pourrait mieux former les propriétaires », analyse Marco Bryner, vétérinaire, président de la COVET au sein de Swiss Equestrian et vétérinaire d’équipe pour l’attelage. « On va chez son vétérinaire comme chez son pédiatre. Le cheval ne peut pas exprimer sa douleur sur une échelle de 1 à 10 ou nous dire si ça va mieux le lendemain. C’est donc un comportement que nous jugeons normal et parfois, cela permet de prendre en charge des pathologies plus tôt », explique Charles Perraudin, directeur général de l’assurance Epona.

Des évolutions positives, mais qui ont un coût

La deuxième raison, c’est le développement de la médecine vétérinaire moderne qui offre de plus en plus de solutions de pointe, entre autres au niveau de l’orthopédie pour traiter certaines pathologies de locomotion,  notamment chez les chevaux de sport. « On essaie de plus en plus de faire une médecine régénérative, c’est-à-dire d’améliorer la situation au niveau des articulations et pas seulement de stopper une inflammation », explique Marco Bryner. Plusieurs technologies permettent ceci : les thérapies de cellules souches, PRP (plasma riche en plaques) ou encore IRAP (à partir de la protéine interleukine 1) et les ondes de choc extracorporelles. Ces nouveautés offrent une régénération des tissus sans les effets secondaires négatifs de la cortisone. Les techniques de diagnostic ont également progressé : « Ces vingt dernières années, l’évolution au niveau de l’imagerie est énorme. Et tout cela a un coût. » Charles Perraudin complète : « Ces avancées médicales sont positives, car on essaie de faire au mieux pour les animaux. Pouvoir offrir ces soins est essentiel et les chevaux le méritent. »
La troisième cause – plus difficile à estimer même si certaines études scientifiques s’y sont penchées –, c’est la hausse de certaines problématiques comme les difficultés respiratoires, notamment liées aux changements climatiques. Certains chercheurs ont aussi étudié la qualité des surfaces et surtout, avec l’avènement des sols en sable, le manque de diversité des terrains sur lesquels les chevaux évoluent au quotidien. S’ajoute enfin l’inflation qui n’épargne pas les cabinets et les cliniques vétérinaires.

Les cabinets, entre le marteau et l’enclume

Tous ces éléments mis bout-à-bout, la facture pour une intervention ou un traitement peut s’avérer extrêmement salée et en un claquement de doigt, mettant ainsi les propriétaires dans des situations difficiles. Sur les plateformes en ligne de crowdfunding (financement participatif), on trouve d’ailleurs des centaines de cagnottes visant à couvrir les frais vétérinaires de petits animaux, mais aussi de nombreuses concernant des équidés. 
De leur côté, les vétérinaires font face à des arriérés de factures parfois considérables et certains constatent des sommes astronomiques hors de leur comptabilité. « C’est une réalité. Cela étant, chaque vétérinaire fonctionne différemment et c’est aussi de notre devoir d’informer les propriétaires des coûts et de leur offrir des options. On peut par exemple proposer de mettre le cheval au pré durant une période pour limiter les frais. La communication, c’est le plus important », prône Marco Bryner.

Des factures à quatre chiffres

Suivant ces évolutions, la pratique de l’assurance s’est démocratisée et développée en Suisse. Les chiffres n’atteignent toutefois pas ceux des pays nordiques, notamment de la Suède où on estime à 80% (!) la part des équidés assurés. « Il y a globalement eu une prise de conscience chez les propriétaires, mais tous n’assurent pas encore leur animal. Deux raisons peuvent l’expliquer : certains estiment pouvoir assumer eux-mêmes les frais, tandis que d’autres sont dans une forme de déni, convaincus que les problèmes n’arrivent qu’aux autres. Et c’est précisément là que ça peut faire très mal au porte-monnaie », analyse Charles Perraudin.
Les cliniques ne publient généralement pas leurs tarifs, qui varient fortement selon la gravité des cas. En revanche, on trouve sur le site du Tierspital de Zurich quelques fourchettes de prix concernant les opérations courantes – hors anesthésie, matériel supplémentaire, hospitalisation et soins. On y apprend qu’une arthroscopie coûte environ 1’400 fr. ou qu’il faut débourser entre 1’000 et 2’000 fr. pour un scanner ou une IRM. Quant à la fameuse opération de coliques en urgence, « on commence à un minimum d’environ 6’000 fr., mais cela peut doubler s’il y a des complications », explique Marco Bryner

Plus de marge de manœuvre, moins de soucis

Un cheval assuré, c’est généralement la garantie d’une plus grande marge de manœuvre pour les vétérinaires au niveau des soins. « Il est clair que les propriétaires sont moins freinés, ils ont plus d’options », constate Marco Bryner. Et selon Charles Perraudin, c’est aussi une charge mentale en moins pour les propriétaires : « C’est une tranquilité d’esprit dans les moments difficiles, que l’on peut vivre sans se préoccuper de savoir où on va trouver l’argent. Ou pire, devoir faire le choix terrible de se séparer de son cheval parce qu’on n’a pas les moyens de le soigner. Ce que je paie régulièrement, je n’ai pas à le débourser de manière soudaine dans une période stressante. »
Chez la plupart des assurances, le client a plusieurs options qu’il s’agit de comparer selon ses besoins. De manière générale, les divers prestataires proposent tous une couverture de base maladie et accident (parfois séparées) ainsi qu’une option d’assurance en cas de décès. Chez Epona, il est aussi possible d’assurer les frais de sauvetage ou de souscrire une option d’invalidité. La franchise choisie est généralement de 500 fr. Les primes maladies et accidents dépendent de l’usage du cheval. Elles seront donc plus élevées si vous pratiquez le concours complet plutôt que la randonnée. Le montant de la prime en cas de décès dépend lui principalement de la valeur assurée du cheval.

Elisa Oltra


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