Mondiaux d’attelage à Aix : Jérôme Voutaz disqualifié et consterné
Coup de tonnerre à Aix-la-Chapelle ! Après des heures de discussions et un protêt perdu, c’est la fin des Mondiaux pour le Valaisan Jérôme Voutaz, très durement disqualifié pour une modification sur son mors allant dans le sens du bien-être du cheval … Pour le même cas de figure, à un mini détail près, l’Allemande Anna Mareike Meier a elle gagné son bras de fer.
Jérôme Voutaz avait déroulé un assez bon programme de dressage, qui le plaçait au milieu du classement, à distance de l’Américain Chester Weber (30,40), qui avait réalisé « le programme de sa vie» et devançait le grand favori australien Boyd Exell (31,86) 2e, mais dans un groupe de bons meneurs et à égalité quasiment avec le «revenant» Werner Ulrich (56,17), champion du monde en 1998, mais plus dans le grand bain depuis dix ans, 27e. Le dressage n’est pas le fort du Valaisan, on le sait bien, mais il se réjouissait de lancer ses quatre franches-montagnes dans le difficile marathon de demain et dans la maniabilité de dimanche, deux spécialités où il peut faire la différence.
Mais patatras ! Jérôme Voutaz apprenait qu’un mors n’était pas conforme au règlement, curieusement modifié à quinze jours des Mondiaux (!), ce que la plupart des meneurs ignoraient. Selon le nouveau règlement, tout modification du mors est désormais interdite. Chez Jérôme Voutaz, deux modifications ont été observées. La première concernait un pièce de métal soudée sur un mors anti passe-langue.
« On a soudé pour refermer une partie du mors afin que le cheval ne passe pas la langue dans le petit trou et ne se blesse pas», a expliqué le Valaisan. « Il s’agit d’une modification allant dans le sens du bien-être du cheval», a complété Sarah Ujvari, la vétérinaire d’équipe. C’est ce premier élément sur lequel se sont penchés les stewards et les juges avant de changer de cap vers … des stentsons servant à empêcher le mors de tomber et utilisés par l’immense majorité des meneurs. « Il s’agit de serflex en plastique, pas du tout serrés, le mors est libre, cela n’a aucune incidence ou effet sur la bouche du cheval », explique Sarah Ujvari. Il y eut donc bien des discussions entre 13h30 et 17h, aucune décision, puis une disqualification pour le Sembranchard comme pour l’Allemande Anna Mareike Meier.
Après un recours des deux fédérations, le verdict, négatif pour le Suisse, mais positif pour l’Allemande, qui avait acheté son mors tel quel et non soudé elle-même la pièce, tomba à 19h. Et le ciel sur la tête du Valaisan et du camp suisse ! Consternés, Jérôme Voutaz n’en revenait pas et a pris la route avec ses chevaux sur le champ. A.P. et E.O.










