Steve Guerdat : « Iashin a montré sa régularité, j’y crois ! »
Vainqueur de deux étapes Coupe du monde coup sur coup, à Leipzig et à Helsinki, avec un Albführen’s Iashin Sitte désormais très serein en indoor et encore convaincant mi-mars aux Dutch Masters, malgré une faute, Steve Guerdat est hyper motivé par la finale de Fort Worth, la seizième de sa brillante carrière. Le styliste jurassien de 43 ans semble en mesure d’y viser un septième podium, voire un quatrième succès, ce qui ferait de lui le cavalier le plus capé.
Steve, vous avez réussi quatre excellentes sorties en Coupe du monde, dont deux victoires, avec Albführen’s Iashin Sitte, il est donc logique que vous soyez très motivé ?
Vu le peu d’étapes que je pouvais monter cet hiver, je n’avais pas planifié la finale cette année. Mon idée était avant tout de préparer mes jeunes chevaux pendant cinq semaines en Espagne, ce que je ne voulais en aucun cas sacrifier. Et je voulais garder Dynamix pour les grands concours en extérieur, en vue des championnats du monde d’Aix-la-Chapelle. Iashin n’était généralement pas très bien en indoor, mais comme j’avais envie de faire quelques concours après ma longue pause, je me suis dit que ça lui ferait une bonne expérience.
Et ça s’est très bien passé, à Genève, à Malines et à Bâle déjà, puis il y a eu deux victoires à Leipzig et à Helsinki. Je suis parti entre les deux en Espagne, mais au retour, on est allé à Helsinki, ça faisait aussi plaisir à Emma (sa fidèle groom finlandaise, à Elgg depuis une quinzaine d’années, ndlr) et on a assuré notre qualification pour la finale. Vu la manière dont Iashin a sauté, on peut y croire.
Pendant vos cinq semaines en Espagne, Iashin est resté en Suisse, avez-vous pu le monter ?
Oui, oui, je suis rentré chaque semaine deux jours, pour le monter et voir ma fille, qui est aussi venue un peu à Vejer. Iashin est donc resté dans le coup et c’était chouette de pouvoir gagner deux étapes Coupe du monde avec lui, ça n’arrive pas si souvent.
Iashin était auparavant un peu inquiet en indoor, aujourd’hui il ne regarde plus trop ces pistes et ce public ?
Il est devenu plus serein. À Helsinki, il regardait un peu, il était plus inquiet qu’à Leipzig, mais c’était positif de voir qu’il pouvait quand même sortir un sans-faute, sans sursis. Auparavant, quand il avait ses petites distractions, on faisait une faute, maintenant il a passé un cap. En piste, j’ai moins de marge qu’avec Dynamix, qui est exceptionnelle, évidemment, mais quel que soit le parcours mis par le chef de piste, je peux désormais avoir une solution.
Après Helsinki, il y a eu un long trajet de retour avant de repartir pour les Dutch Masters. Y aura-t-il un autre concours avant Fort Worth ?
Effectivement, le voyage a duré deux à trois jours, avec du bateau et du camion, mais Iashin a eu une grosse semaine à la maison pour bien récupérer et il avait la même forme en Hollande. Je ne prévois plus de concours avant la finale, juste un parcours au manège.
À Elgg, vous le préparerez sur le sable, vu la finale, ou indifféremment sur le sable et l’herbe ?
Mon terrain en herbe est ouvert depuis la mi-mars, en cas de beau temps, j’y vais et ce n’est pas un problème d’alterner herbe et sable. L’inverse est un peu plus délicat, il y a un petit temps d’adaptation à la fin de la saison indoor. Les distances sont plus courtes en indoor, on a besoin d’un cheval plus rassemblé, alors qu’on doit avoir du galop pour les concours en extérieur. C’est facile de raccourcir un cheval qui galope avec beaucoup d’amplitude, plus difficile d’aller chercher l’amplitude d’un cheval raccourci. Il est donc plus simple de passer d’une grande piste à une petite piste que l’inverse.
Prenez-vous un second cheval avec vous au Texas ?
Non, ça ne servirait à rien, car j’ai monté les quatre étapes avec Iashin, je n’ai donc pas d’autre cheval qualifiable. Et je n’aime pas monter deux chevaux en finale, je ne l’ai fait qu’une fois (en 2010 à Genève, sa moins bonne finale, ndlr).
Vous aurez toutes vos chances ?
Bien sûr, Iashin a montré sa régularité, il a déjà tenu un championnat, l’an passé à La Corogne, et s’est encore amélioré depuis. En général, il est sans faute ou à 4 pts, et même avec une faute un jour, sur quatre parcours, on peut se retrouver devant. Donc en montant bien, avec un peu de chance, on peut se retrouver parmi les meilleurs.
Êtes-vous content que Martin (Fuchs) vienne aussi ?
Évidemment, c’est surtout bien pour notre sport en Suisse, ça montre notre force. Je regrette, en revanche, qu’Alain (Jufer) ait renoncé, une finale comme ça, ça ne se manque pas ! On travaille toute une vie pour faire des choses comme ça ! J’ai beau avoir déjà gagné cette finale plusieurs fois, ça me motive toujours autant.
Propos recueillis par Alban Poudret












