Sacha, Victoria et Ruben ont tous fait un bout de chemin avec l’adorable néo-retraité Boléro de Tirepeine, la mascotte du Team Bek. © Elisa Oltra Sacha, Victoria et Ruben ont tous fait un bout de chemin avec l’adorable néo-retraité Boléro de Tirepeine, la mascotte du Team Bek. © Elisa Oltra

Un trio complice et passionné !

S’il est une famille qui brille de mille feux depuis le début de la saison 2026, c’est bien les Bek. À Dielsdorf, Sacha (18 ans) s’est imposé dans le Grand Prix -25 et a décroché une wild-card pour le CHI de Genève 2026 après avoir signé de brillants résultats en CSIO. Ruben (21 ans) était pour sa part 2e du GP -21 de Busto Arsizio tandis que la benjamine Victoria (15 ans), en bronze par équipe l’an dernier aux Européens children, a partagé le podium du championnat genevois N avec Sacha début juin à Crête-Vandœuvres. Entre deux examens de fin d’année et deux concours, le trio nous a donné rendez-vous au Manège de La Pallanterie, à Vésenaz, afin d’échanger sur leur quotidien rythmé, nous parler de leurs parcours et évoquer leurs ambitions et leurs rêves. Rencontre avec ce trio très complice.

Contrairement à de nombreux jeunes de leur âge, les Bek ne sont pas tombés dans la marmite cheval quand ils étaient tout petit. Au contraire, la passion a débuté plutôt tardivement et… à l’autre bout du monde. En effet, de 2017 à 2019, la famille Bek vit en Inde. Ce fut deux belles années, remplies de leçons de vie ! » C’est là que Sacha reçoit pour ses onze ans un cours d’équitation à New Dehli, puis un stage effectué à leur retour à La Pallanterie/GE. Si Victoria a immédiatement suivi les traces de son frère, Ruben fut d’abord plus réticent car il jouait beaucoup au foot à cette période : « J’ai suivi le stage d’une semaine pour faire plaisir à ma maman et… j’ai fini par faire cinq semaines ! »

Au rythme de Boléro

Du stage d’été à la compétition, la transition s’est faite avec Lynn Amar, désormais basée à Corsier. Sous son aile, le trio prend ses premières leçons et débute la compétition. Mais le lien entre les Bek et l’équitation est indéniablement indissociable d’une adorable petite boule de poil grise d’1m48 : Boléro de Tirepeine, « la mascotte ». En 2021, c’est Ruben qui bénéfice en premier des talents de ce fils de Dexter Leam Pondi et décroche l’argent au championnat de Suisse D. Puis, Sacha se pare de bronze au championnat de Suisse D élite avant que Victoria n’en fasse son complice durant trois ans. Ensemble, ils décrocheront le bronze et l’or national, des victoires jusqu’en CSIP 130 et en Tours Master PSR ainsi qu’une participation aux Européens d’Opglabbeek (BEL) en 2024.
Désormais, Boléro coule une paisible retraite, mais le lien de la famille genevoise avec le monde des poneys ne s’est pas estompé grâce à la création de la Swiss Pony Academy par Ieur mère, Isabelle Bek, avec le soutien de Cornelia Notz et Chantal Wipraechtiger : « Le but est de soutenir cette catégorie en Suisse. Nous voulons que l’aventure continue, l’objectif de l’académie  est de faire progresser les cavaliers poneys et d’échanger avec leurs entraîneurs. »

Une passion qui réunit et un système bien rôdé

Plus que de la compétition, il existe une saine émulation au sein de la fratrie, qui avec trois ans d’écart entre chacun, ne s’est jamais retrouvée en concurrence dans la même catégorie. « On n’a donc pas le choix, il faudra monter une Coupe des Nations ensemble chez l’élite ! », plaisante à demi Ruben. « L’équitation nous réunit tous les trois, c’est une passion que nous partageons en équipe. Par exemple, je ne monte pas le CSIO d’Hagen mais je vais supporter Sacha parce que j’adore le voir réussir ! », poursuit celui qui vient de terminer sa première année d’HEC. En parlant d’équipe, la mère du trio les accompagne « partout et tout le temps » et leur père Erkin Bek les supporte aussi beaucoup : « Dès le début ils ont été derrière nous, que ce  soit du point de vue émotionnel, d’organisation, de temps ou financier. On a énormément de chance et sans eux, nous serions très, très, loin de notre niveau actuel ». Par ailleurs le meilleur souvenir du trio est la visite faite à Victoria lorsqu’elle disputait les Européens poneys. « Nous avions un concours en France et avions tout organisé pour filer à Opglabbeek lui faire la surprise ! »
Les Bek mettent aussi en avant l’encadrement leur permettant de pratiquer leur sport tout en suivant leurs études. Pour les aider, ils peuvent compter sur trois grooms, Sophie Alancourt, Heymar Santa Maria et Cédric Nazin. L’équipe est aussi composée de Fabrice Papaian, cavalier-maison et manager d’écurie, et leur entraîneur Jérôme Ringot, qui monte aussi et vient à La Pallanterie plusieurs fois par semaine. Coach de renom et organisateur de concours, ce dernier a formé de nombreux chevaux et cavaliers, dont récemment Antoine Ermann. Il a aussi entraîné les équipes de France de la relève. « C’est exceptionnel de l’avoir. Il nous apporte son expérience et sa passion. Ne venant pas du milieu, nous avons énormément appris sur la base, la gestion et les soins », explique Sacha.

Des objectifs bien définis

Concernant leurs objectifs à moyen terme, Sacha vise une place aux Européens juniors. Il peut compter sur Gotcha de Baererain, Carl GB et Buster Moon, le héros de Dielsdorf. Ureka de Roy (18 ans) a quant à elle rejoint le piquet de Victoria et Valkera d’Anto se consacre à l’élevage. Outre Hold Up Marin, son complice des Européens de Riesenbeck, Victoria a récupéré deux chevaux de ses frères dont Corleone de Beaufour qui lui permet de débuter les 140 et de viser les juniors l’an prochain.
Malchanceux l’an dernier avec plusieurs blessures de ses montures, Ruben se réjouit du retour au premier plan de Conacco, son atout n° 1 avec lequel il a déjà pris part à des 150. Celui-ci est épaulé par deux juments dont Hiron d’Elle, classée en 145. L’aîné souhaiterait faire partie du cadre -25 l’an prochain, avec l’ambition d’un CSIO 3* dans un petit coin de sa tête. Côté professionnel, Ruben compte rapatrier ses études de Lausanne à Genève tandis que Sacha prendra part l’an prochain, comme son frère avant lui, au programme de sportif d’élite de l’armée à Macolin. Tous trois n’imaginent pas leur vie sans les chevaux, mais joueront plutôt la carte des études en parallèle.

Un premier podium en famille avant le CHI

S’ils n’ont pas encore fait équipe en compétition, deux des Bek ont partagé pour la première fois un podium à l’occasion du championnat genevois N le 6 juin dernier. « C’était  un moment incroyable ! Faire le barrage avec Sacha et être sur le podium ensemble, c’était génial », confie Victoria. « Nous adorons aller à Crête, c’est le concours le plus proche de la maison, on peut y aller à vélo. On a souvent des CSIO en même temps, mais là, nous étions là les trois. Merci à la famille Pradervand pour ce joli concours genevois », complète son frère.

« C’est un rêve qui se réalise car le CHI de Genève nous a forgés et formés. »

Gageons qu’il ne s’agira pas de la dernière échéance commune pour la fratrie qui entretient aussi un lien particulier avec le CHI de Genève. Victoria a en effet pris part à plusieurs reprises aux épreuves poneys et cette année, Sacha montera le CSI -25. « C’était un objectif, mais je ne m’attendais quand même pas à la victoire ! Je suis très heureux et fier de notre équipe. C’est un rêve qui se réalise car le CHI de Genève nous a forgés et formés. La première année, à notre retour en Suisse, nous ne connaissions pas le nom d’un cavalier et nous apprenions dans les tribunes ce qu’était une triple-barre (rires). J’ai vraiment hâte d’y participer », confie Sacha.
Avec la retraite de Boléro ainsi que son jeune âge, Victoria devra patienter. Ruben visera quant à lui la wild-card de Chevenez ou une sélection. Avant de se retrouver tous les trois à Palexpo ?

Elisa Oltra


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