Zurich Youth Masters: «Nous verrons davantage de jeunes cavaliers au plus haut niveau»
Ce week-end, le Zurich Youth Masters reprend ses quartiers dans l'idyllique cadre du Horse-Park Zurich-Diesldorf. Malgré un format revu cette année sans Coupes des Nations, le concours dédié à la relève continue de tracer sa route et de s’imposer comme l’un des rendez-vous du saut d’obstacles pour les moins de 25 ans en Suisse. Entre promotion des jeunes talents, horse welfare et vision du sport de demain, nous avons rencontré le président du concours, Yves von Ballmoos.
Yves von Ballmoos, en quelques années le concours a trouvé sa place dans le calendrier international de la jeunesse. Quelle est aujourd'hui l'identité propre du concours?
« Ce qui rend ce concours particulier, c’est que nous avons une approche globale. Le sport reste évidemment au centre, mais l’éthique, la protection de l’environnement et les aspects sociaux comptent aussi beaucoup. Nous pensons que le soutien à la relève ne doit pas se limiter au sport, mais concerner tous les domaines. C’est ce qui rend notre concours unique. Par exemple, plus de la moitié de notre comité d’organisation a moins de 30 ans. Notre cheffe du sport, Sarah Haldimann n’a que 22 ans. Cela aussi, c’est de la promotion de la relève — et c’est tout aussi important pour le sport que les cavaliers eux-mêmes. »
Cette édition 2026 se déroule dans un format adapté, sans Coupe des Nations. Comment avez-vous abordé ce changement et quels défis cela représente-t-il pour l'organisation?
« Nous avons modifié le format en raison des engagements. Pour organiser une Coupe des nations, il faut au minimum trois nations dans chaque catégorie. Nous savions que ce ne serait pas possible partout. Nous avons donc changé le format. Cela a représenté un grand défi, car beaucoup de choses ont dû être adaptées au niveau administratif et cela a aussi demandé des efforts aux cavaliers. Le principal défi était de ne pas perdre trop de participants. Nous avons malgré tout perdu des cavaliers. Cette année, nous comptons environ 220 chevaux, soit environ 80 de moins que l’an dernier — principalement des participants internationaux. Ce n’était pas prévu au départ. Les désistements sont arrivés relativement tard et nous avons dû prendre une décision rapidement. »
Le concours met aussi l'accent sur le horse welfare et la formation. Est-ce indispensable aujourd'hui pour construire le sport de demain?
« C’est même décisif. Le sport équestre se décide dans le cœur des gens — et non derrière un bureau. Nous devons transmettre de bonnes images vers l’extérieur, non seulement pour notre public, mais pour tout le monde. Si les cavaliers aiment leurs chevaux et le montrent, alors cela garantira l’avenir de notre sport. C’est beaucoup plus important qu’un concours supplémentaire ou quelques chevaux élevés en plus. C’est pourquoi nous avons mis en place différentes mesures. Depuis trois ans, nous remettons un Horse Welfare Award. Ce prix récompense l’équipe composée du groom et du cavalier qui, selon un jury spécialisé, démontre le meilleur comportement pour le bien-être du cheval tout au long du concours - c'est à dire tant en piste que dans les écuries. Le jeudi soir, nous organisons également une réunion avec les cavaliers pour parler d’éthique, de durabilité et de ces sujets. Il est important que les jeunes cavaliers comprennent cela et transmettent une image positive. »
Terminons peut-être avec une question tournée sur l'avenir: comment voyez-vous évoluer la place des jeunes cavaliers sur la scène européene ces prochaines années?
« C’est une très bonne question. Il est impressionnant de voir à quel point l’âge moyen des cavaliers a diminué au cours des dix dernières années. Le sport est devenu beaucoup plus athlétique, et les chevaux également. À l’avenir, des cavaliers plus jeunes deviendront champions olympiques et champions du monde. Nous verrons davantage de jeunes cavaliers au plus haut niveau. Le sport de haut niveau va encore davantage devenir un véritable sport de performance. Les jeunes cavaliers vont à la salle, pratiquent des sports d’endurance et se préparent physiquement de manière intensive. Tout devient plus athlétique. Cela a aussi un lien avec le horse welfare, car les chevaux sont aujourd’hui tellement sensibles qu’il faut des cavaliers parfaitement formés, aussi bien techniquement que physiquement pour les maintenir en santé dans le plus haut niveau. »
Julie Queloz











