Bartabas et l'Académie équestre de Versailles à l'Arena à Genève

Du 2 au 7 octobre, Bartabas et son Académie équestre de Versailles présentent leur spectacle La Voix de l'Ecuyer à l'Arena à Genève. En plus d'une longue interview de l'homme-centaure dans le Cavalier Romand qui sort cette fin de semaine, nous vous proposons en avant-première une interview exclusive à découvrir ci-dessous.

La Voix de l'Ecuyer La Voix de l'Ecuyer

Rencontre avec un grand maître passionnant autant par ses propos que par ses prouesses équestres.

• Parlez-nous de l’Opus 2015 du spectacle de l'Académie qui sera présenté à Genève...

• C’est le spectacle habituel de l’Académie. On l’adapte au lieu. Je n’ai pris que des musiques de Bach. Je trouvais qu’elles s’accordaient au mieux en ce moment avec le travail de l’Académie. Il y a un côté géométrique chez Bach qui est intéressant et il y a en même temps un génie de l’inspiration. S'y ajoutent des phrases enregistrées que j’ai prélevées dans les manuels équestres de grands maîtres et qui illustrent notre travail. A Genève, ce sera intéressant parce que l’on sort de notre contexte. On sera à l’Arena et ce n’est pas le manège de Versailles. J’aimerais justement que l’on ne s’appuie pas sur des décors, que ce soit pur, que l’on travaille sur la simplicité.

• Quel est le sujet du spectacle?

• L’Académie elle-même. Les écuyers présentent leur travail. Ils montrent toutes les disciplines, comme le kyudo, le chant et l’escrime à cheval, ils font même de la danse à cheval, sur une chorégraphie que l’on a inventé. Ce sont des choses qui se sont accumulées avec les années, avec les différents spectacles. On doit comprendre la philosophie de l’Académie, qui est le vrai thème. C’est comme s’ils parlaient d’eux.

• L'Académie est une compagnie-école, est-ce que cela signifie que nous verrons des élèves en piste?

• Les gens croient que c’est une école, mais les écuyers qui sont là ont un niveau très élevé. Le côté académie, c’est parce qu’on a jamais fini d’apprendre. Tu peux être  là depuis 10 ans, il y a toujours beaucoup de choses à apprendre. Et il faut préparer des nouveaux chevaux, cela fait partie de leur engagement.  Ce n’est pas seulement à eux de progresser, ils doivent faire progresser leurs chevaux. Enfin le tout doit être viable économiquement grâce à la recette des spectacles, ce qui n’est pas évident. Je ne voulais pas que ça fasse un Zingaro numéro 2.

• Avec combien de chevaux viendrez-vous à Genève ? 

• Une trentaine. Ils logeront à l’Arena. Il y aura une carrière d’échauffement et des boxes derrière l’espace scénique.

• Les chevaux de l’Académie ne font pas que du manège, ils vont aussi en balade ?

• Bien sûr. Ils vont tous les matins marcher dans le parc de Versailles. Il y a trois heures prévues avant l’ouverture du château aux visiteurs. Le manège est assez petit, ce n’est pas une carrière olympique. Ces chevaux, cela ne les dérange pas, car ils n’ont pas une grande force propulsive. Ce ne sont pas des chevaux très bons dans les allongés. Ils sont bons dans les rassemblés et ne sont pas très grands donc n’ont pas besoin de beaucoup de surface pour s’exprimer.

• Cela les aide sur le plan mental ?

• Oui, mais pas uniquement. Je vois qu’à Zingaro ils sortent beaucoup moins, mais on arrive tout à fait à garder leur moral. Cela dépend de la manière dont tu les travailles. Les chevaux aiment ce qui est stable, être nourris aux mêmes heures,… ils aiment ce qui est régulier.  Dans le sport, tu te prépares pour une certaine échéance, et après, tu donnes un break à ton cheval. Il n’y a rien de plus mauvais. J’ai essayé de faire cela avec Zingaro, mais ce n’était pas bien. Les chevaux se blessaient. Pour que les chevaux soient bien, il faut travailler sur l’envie, le plaisir. Il faut que lorsque vous demandez quelque chose à votre cheval, il vous le livre. Il doit le faire en étant joyeux, c’est cela qui est beau. Il faut varier le travail, évidemment, comme la longe ou le travail au sol. Il faut s’occuper de leur moral, mais pas uniquement avec la balade.

• Quand est-ce que les cavaliers quittent l’Académie ?

• C’est un cursus ouvert. Les gens restent tant qu’ils ont envie de rester. Il y en a toujours qui partent. C’est plus intéressant, car au lieu de faire un examen à la fin de l’année, en général cela se fait naturellement. Les trois titulaires sont là depuis 12 ans et sur les 12 écuyers, il y en a 6 qui sont là depuis plus de 5 ans. Il vient d’y avoir deux nouveaux l’an passé. J’ai voulu que l’Académie soit souple, ce n’est pas figé, on parle, on améliore. C’est inspiré du travail avec les chevaux. Il y a un savoir, mais pas un système. Les chevaux sont comme les gens. Aux premières années d’école, certains peuvent être catastrophiques et ils se révèlent géniaux plus tard alors que c’est l'inverse pour d’autres . Ce n’est pas parce que tu mets longtemps à débourrer un cheval qu’il est mauvais ou meilleur qu’un cheval que tu as mis deux jours à débourrer. Je suis contre les méthodes où l’on dit « je peux débourrer un cheval en tant de jours ou en tant d’heures ». C’est une connerie, une prétention. Chez nous, on ne pousse jamais les chevaux, on les laisse venir tranquillement en fonction de leur potentiel, qui des fois n’est pas énorme. A nous de l’adapter. C’est comme les gens. Tout le monde ne finit pas soliste.

Propos recueillis par Oriane Grandjean

Billetterie et infos sur : www.livemusic.ch/concerts/academie-equestre-de-versailles-direction-bartabas-482

En savoir plus sur l’Académie Equestre de Versailles www.acadequestre.fr

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