Quand un nouveau circuit entend jongler avec les millions…
Associé à Jan Tops jusqu’en 2020, l’Américain Frank McCourt a annoncé hier la création de la PJL, Premier Jumping League, à partir de 2027. Le projet est pour l’heure assez flou, même s’il ressemble étrangement au Global Champions Tour et sa League, mais il voudrait peser encore plus lourd en argent, avec des centaines de millions, les équipes étant... (re)vendables !
C’est à Miami que Frank McCourt a annoncé hier lors d’une soirée de gala et ce mardi via un point de presse où il était représenté par Nick McCabe et Lisa Lazarus, le lancement d’un nouveau circuit de saut d’obstacles, la Premier Jumping League, avec des équipes (16), des étapes (14, mais lesquelles?) et des millions (on parle de cent millions et plus, voire ci-dessous).
Miami, un lieu sans doute pas choisi au hasard, puisque débutera là-bas, en Floride, sur la plage, ce vendredi le circuit concurrent du Global Champions Tour 2026, l’étape initiale de Doha ayant été annulée suite au conflit en Iran.
De 2014 à 2020, Frank McCourt était devenu co-propriétaire du circuit créé par le marchand de chevaux néerlandais Jan Tops, avant que les deux ne se séparent, Franck McCourt ayant voulu vendre ses parts à Lars Windhorst, un Allemand impliqué dans le club de foot du Herta Berlin, pour une somme de 169 millions d'euros, avant que ce dernier ne fasse machine arrière... Ceci explique peut-être cela.
N’en jetez plus !
Implanté dans l’immobilier, Frank McCourt, un homme d’affaires américain de 72 ans, avait fait fortune avec un club de baseball à Los Angeles et il est propriétaire de l’OM, le club de foot de l’Olympique de Marseille. Son épouse monte à cheval.
Son communiqué de presse parle d’un projet équestre assez pharaonique, avec « un pot de 300 millions » et une dotation pouvant s’élever à 100 millions, là où le Global Champions Tour et sa Ligue ont distribué 22 millions d’euros l’an passé, soit la moitié de la somme censée être réunie par ses 16 équipes (à 2,5 millions d’Euros par an) en lice, pour autant que celles-ci payent leur dû.
Avec des équipes « fixes », des étapes floues
La différence avec le Global, c’est que Frank McCourt imagine que pour sa PJL, les équipes, qui vaudraient... 30 millions, restent longtemps dans le jeu et puissent être revendues. Ce serait même d’abord un jeu d’équipes… Reste à savoir si des équipes « artificielles », pas ancrées dans une ville, une région ou un pays, peuvent valoir de telles sommes. Pour l’heure, on ne sait pas quelles seraient les étapes proposées entre mars et octobre 2027, or sans précisions, il est difficile de s’enthousiasmer !
On nous sort bien quelques noms de stars cavalier.e.s du chapeau, comme Scott Brash, Ben Maher, McLain Ward, Harry Charles, Nicola Philippaerts, Laura Kraut, Cian O’Connor, Lillie Keenan, Nina Mallevaey ou Sophie Hinners, mais sans autres assurances. Scott Brash déclare certes :« L'un de mes principaux objectifs est de contribuer à l'évolution de la discipline, en créant un environnement plus favorable aux athlètes, aux chevaux, à tous les acteurs du milieu et aux passionnés. Je suis convaincu que la PJL nous offre une plateforme idéale. La compétition de haut niveau engendre des coûts considérables, et pour la plupart des cavaliers, concilier soutien financier et temps consacré à leur sport représente un équilibre constant. » On parle donc surtout de sous.
On parle de diffusion TV gratuite et on nous fait miroiter des tournages de séries TV, du style « Drive to survive », mais, pour l’heure, on n’est guère renseigné sur ce circuit et on ne sait s’il pourra démarrer en 2027, la FEI devant l’approuver lors de son Assemblée générale, le 5 décembre.
L’embarras du choix et même plus...
Avec le Global Champions Tour (16 étapes), qui a re-signé avec Longines jusqu’en 2032, la Major League of Show Jumping nord-américaine (9 étapes), le Rolex Grand Slam (les 4 Majeurs) et la Rolex Serie (7 à 8 étapes), sans parler de la Coupe du monde, des Coupes des Nations, de la Ligue des Nations 5* et de la Coupe EEF 3*, cela fait un nombre trop importants de circuits pour ne pas se chevaucher de façon contre-productive. La Fédération équestre internationale cherchera-t-elle à mettre de l’ordre ou profitera-t-elle de cette manne supplémentaire ?
Alban Poudret












