STEFAN ULRICH of Switzerland with BOMBARDIER competes in the final cones test to win gold at the FEI Driving World Championship Singles in Munich, Germany, September 6, 2026.   Copyright © FEI/Martin Dokoupil © FEI/Martin Dokoupil

Stefan Ulrich : « Je commence à réaliser »

En devenant double champion du monde d’attelage à 1 avec Bombardier, Stefan Ulrich s’est fait un prénom dans une discipline qui connaît déjà très bien son nom, grâce à son père Werner, champion du monde à 4 à Rome en 1998. La consécration, au bout du suspense, d’une nouvelle génération de talent.

Stefan, avec du recul, quel est votre sentiment sur ces deux médailles d’or ? 
C’était de très grands moments d’émotion pour toute l’équipe et tous ceux qui nous ont accompagnés. C’était vraiment énorme ! Après le dressage, il fallait tenir la pression car nous étions tout devant. Mon cheval a tout donné pour moi, il a presque tout fait tout seul, je n’avais qu’à le suivre. Les émotions sont un peu redescendues et je commence à réaliser ce qu’on a fait.

Justement, comment avez-vous tenu la pression après votre victoire lors du dressage ?
Je l’ai spécialement ressentie avant le marathon, les deux concurrents qui étaient 2e et 3e partaient juste après moi. C’était donc à moi de performer en premier. En sortant du premier obstacle, j’avais direct un bon sentiment et un bon rythme ce qui m’a mis en confiance. Mario (Gandolfo) a fait une très bonne maniabilité, ce qui était bien pour l’équipe et lui-même. Je savais que j’avais 12 secondes de marge, pour autant que je ne fasse pas de boule. Je n’ai donc pas pris tous les risques. Après le premier poin- tage, j’avais quatre secondes de retard, il fallait continuer ainsi. Le temps s’est accumulé, alors j’ai pris un peu de risques pour la dernière porte et j’ai fini au galop.

Il y a la victoire individuelle, mais aussi l’or par équipe, qu’est-ce que ça représente pour l’ensemble du groupe ?
Déjà c’était une première ! Ensuite, cela montre que tout le monde a bien travaillé, de son côté et ensemble, qu’on s’est vraiment entraidés et complétés.

Pensez-vous que ça puisse aider l’attelage en Suisse, peut-être à trouver des sponsors ou des soutiens ?
Ça ne va pas amener des millions, mais c’est clair qu’il est plus facile de vendre notre sport quand il y a des succès. Si on continue sur cette lancée, à terme, ça peut aider.

Parlez-nous de votre cheval Bombardier, qui était aussi dans l’attelage à quatre de votre père aux Mondiaux d’Aix-la-Chapelle. Quelle est son histoire ?
Nous l’avons acquis à la fin de ses 6 ans, il était déjà classé en Allemagne, en dressage en L. Il a toujours très bien bougé, mais il était un peu difficile pour une carrière de dressage, ce qui nous a permis de l’acheter. On a commencé gentiment et on a vu assez vite qu’il avait du talent. Il est volontaire, adore travailler et il est très polyvalent. J’ai commencé à 2 dès notre première saison et il a fait de bons résultats avec l’argent par équipe aux Mondiaux en 2023. Il n’y a que trois chevaux au monde qui ont fait les championnats du monde à 1, à 2 et à 4, tous viennent de notre écurie !

À ce propos, comment vous organisez-vous ?
On fait en sorte d’être chaque année dans le coup pour les Mondiaux. Pour l’instant, j’al- terne entre l’attelage à 1 et à 2. Et cette année, le grand objectif de mon père était d’avoir le plaisir de retourner à Aix-la-Chapelle à 4. Le timing était un peu serré car un de ses chevaux pour Aix s’est blessé, d’où la participation de Bombardier au dressage et à la maniabilité. C’était finalement une bonne préparation pour lui. L’année prochaine, l’idée est de repartir tous les deux à 2 chevaux avec les Mondiaux en ligne de mire.

Mener à 4 serait une option pour vous ?
Ce serait génial, mais il faudrait beaucoup plus de chevaux, de matériel et de temps. Pour l’instant, c’est plus simple que mon père le fasse lui car il a déjà beaucoup d’expérience et il est à la retraite. Il a plus de temps que moi.

Que faites-vous dans la vie ?
Je suis électricien. J’ai fait une formation dans les énergies et je suis en train de finir ma maîtrise fédérale. Je vais donc encore deux soirées par semaine à l’école, c’est pour cela que c’est un peu serré au niveau du temps.

En gagnant ce titre, vous vous êtes fait un prénom. Qu’est-ce que cela représente pour vous ?
Ça m’a fait plaisir de montrer que je pouvais le faire, même avec de la pression. Beaucoup de monde était heureux pour moi et de la manière dont je l’ai fait, c’est un chouette sentiment.

Parlez-nous de l’équipe qui vous entoure.
Killian (Jaunin) était à 4 avec nous toute la saison. À Munich, il a aidé Mario car sa groom Léa s’était blessée. Il y a aussi ma copine, Viviane. Elle a un peu moins de vacances à disposition, mais elle vient pour les grands concours. Elle est d’une grande aide et notre duo fonctionne vraiment bien. Et puis il y a mon père. On s’entraîne tous les jours ensemble et on s’entraide beaucoup. À côté de cela, j’ai la chance d’avoir quelques copains qui nous aident pendant l’année. Sans tout ce monde, rien ne serait possible.

Propos recueillis par Elisa Oltra


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