La Renfile, une histoire de famille et de passion ! Anne- Catherine Pieyre est entourée de son fils Léon, de sa fille Laetitia et de Qlassic Lil’ Boy CH, un fils de Qlassic Bois Margot et d’une certaine Elisa (Toulon), championne d’Europe juniors par équipe avec Laetitia. En arrière-plan, une touchante plaque commémorative en l’honneur de Jean- Maurice Bonneau, qui fut le coach et ami du trio. © Elisa Oltra La Renfile, une histoire de famille et de passion ! Anne-Catherine Pieyre est entourée de son fils Léon, de sa fille Laetitia et de Qlassic Lil’ Boy CH, un fils de Qlassic Bois Margot et d’une certaine Elisa (Toulon), championne d’Europe juniors par équipe avec Laetitia. En arrière-plan, une touchante plaque commémorative en l’honneur de Jean- Maurice Bonneau, qui fut le coach et ami du trio. © Elisa Oltra

Un vent de jeunesse souffle sur La Renfile

Depuis quelques mois, l’Écurie de La Renfile à Jussy/GE, connaît un nouvel élan. Celui- ci a été initié par le retour au bercail de l’aînée de la fratrie Laetitia Mascarello-du Couëdic et s’est traduit cet été par l’organisation d’un concours de saut, douze ans après la dernière édition. L’événement a été mis sur pied par la Genevoise de 29 ans et son frère Léon Pieyre sous le regard bienveillant et maternel de celle qui est à l’origine de cette belle aventure équestre, Anne-Catherine Pieyre. Un trio de choc !

Disons-le d’emblée, la Renfile, ça se mérite ! Mais les lieux, nichés entre les vignes et le bois de Jussy, avec les Alpes savoyardes en arrière-fond, valent bien le périple. D’abord propriété d’Olivier Bourqui, puis de la famille Deller, l’écurie genevoise a été acquise voici treize ans par la famille actuelle. « C’était l’un de mes rêves ! Je suis ravie de l’avoir réalisé. J’ai géré cela toute seule et désormais, je suis bien entourée », explique Anne-Catherine Pieyre, à qui il tient à cœur de transmettre un outil fonctionnel à la génération future. Après la réfection de la carrière début 2024, la dynamique et discrète Genevoise espère pouvoir rénover petit à petit l’entièreté de ses installations.
C’est d’ailleurs ce nouveau paddock qui a permis l’organisation mi-juillet du premier concours de saut mis sur pied par la famille. À une époque où les organisateurs tirent la langue, cette édition comptait déjà des épreuves jusqu’à 140 cm. « En Normandie, il y avait cinq concours à vingt minutes de chez moi tous les week-ends, ici on en manque. Je ne pointe personne du doigt car, cette année, on n’a jamais fait autant de nationaux et l’on a vu que partout, les efforts fournis sont énormes. On s’est alors dit : on peut, donc on doit ! », explique celle qui fut championne d’Europe par équipe chez les juniors en 2013.

« On ne manque pas d’idées, ni de projets ! »

Fervent soutien à la relève, sa maman soulignait aussi l’importance de concours en terre genevoise pour les jeunes : « De plus en plus de cavaliers de tous niveaux vont en CSI ou en France et c’est dommage qu’il n’y ait pas plus d’opportunités pour les jeunes de concourir près de chez eux,  sans devoir partir plusieurs jours. » Surtout qu’en Suisse, les infrastructures et les pistes sont certes plus petites, « mais les concours plus mignons, charmants et conviviaux », dixit Laetitia.
Par ailleurs, l’événement avait aussi rassemblé des gens du village et des curieux. « C’est important de capter le grand public, lui montrer que notre sport est ouvert », complète-t-elle. Les dates ont été posées pour l’an prochain par la famille – qui ne manquait pas d’avoir une pensée pour la petite dernière Annabelle, partie aux États-Unis pour ses études, Jean-Guillaume, le père de Léon et d’Annabelle, ainsi que Lewis, seul à ne pas avoir mordu à l’hameçon équestre. Le trio ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. « On ne manque pas d’idées, ni de projets ! », renchérit Léon.
Si le concours a été un succès, c’est aussi grâce aux rapports qu’entretiennent le frère et la sœur. « Notre relation a évolué, on est fusionnels et complices. Je crois que cela s’est vu lors du concours où l’on a été complémentaires », explique l’étudiant en relations internationales de l’Université de Genève. Lui aussi expatrié un temps à Zurich pour ses études, le cavalier de 23 ans est de retour dans la Cité de Calvin. Et plus motivé que jamais.

La Normandie pour se forger

À la fibre organisationnelle de Léon, qui fait aussi partie de ’équipe du CHI de Genève, s’est donc ajoutée toute l’expérience de son aînée, qui est revenue début 2023 d’un séjour de quatre ans en Normandie : « À la base, nous sommes  amateurs et j’avais vraiment envie de me professionnaliser. Je voulais aussi enlever une certaine étiquette de mon front, même si on a beaucoup de chance d’avoir été si soutenus par nos parents, il y a un moment dans ta carrière où ça devient un handicap. Alors, je vais peut-être fâcher certaines personnes en disant ça, mais c’est réel, j’avais besoin de devenir ma propre personne. »
Après un an au Haras de la Chesnaye, la Genevoise se met à son compte et… dans le dur : « J’avais des chevaux de 3-4 ans, des éleveurs qui ne payaient pas leurs factures. Nous étions deux pour quinze chevaux avec les boxes à faire. Mais c’était nécessaire. Si je voulais être prise au sérieux, il fallait que je sache tout faire. » Cette expérience permet à la championne de Suisse juniors 2012, qui compte également sur son CV des expériences en Belgique et en Floride, de trouver sa passion, la formation des jeunes chevaux.
À son retour, initié par la rencontre avec celui qui deviendra son mari, Laetitia fait la connaissance de la famille Bouchet, de l’élevage du Corty, situé à Annecy, à 40 minutes de La Renfile. Elle commence à y monter quelques chevaux, puis s’en voit aussi confier : « Ces chevaux n’ont pas du tout suivi le cursus de formation classique. Certains sont verts, d’autres en retard, mais plusieurs ont vraiment une super qualité. »

L’élevage, une passion dans la passion

Parmi eux, la surpuissante Fétiche du Corty (par Kannan et Baloubet du Rouet), l’actuelle monture de tête de la cavalière de 29 ans lui ayant permis de classer ses premiers Grands Prix nationaux : « Disons-le, je me fais embarquer, elle a beaucoup trop de force (rires). Mais en même temps, elle est hyper courageuse. Elle me redonne la confiance pour sauter des hauteurs que je n’avais plus franchies depuis longtemps. » Aux côtés de la belle alezane notamment, ses demi-frères Genepy, Illico et Halpy, tous issus d’Angèle de Kreiser (par Baloubet du Rouet).
En parallèle, la famille genevoise a fait naître plusieurs poulains des juments retraitées Rose de Roche CH (par  Reichsgraf) et Elisa (par Toulon), qui ont chacune marqué les années juniors de Laetitia. Elisa vit d’ailleurs chez Valérie Bochud, à Cronay/VD, et la famille collabore avec la Vaudoise depuis longtemps, et avec beaucoup de satisfaction. La génétique passionne toute la famille. « On peut regarder des arbres généalogiques pendant des heures et c’est aussi cela qui est intéressant dans notre collaboration avec l’élevage du Corty. Ils ont des papiers exceptionnels, de purs selle-français, de très bonnes souches », expliquent en cœur mère et fille.
Ce partenariat avec l’élevage de Corty permet à Laetitia de viser les plus belles échéances nationales, même si cette dernière affirme axer son système d’abord sur la formation de jeunes chevaux : « C’est ce qui me fait vibrer. Quand on sort du système de la relève (avec laquelle la Genevoise a eu beaucoup de succès, ndlr), on pense que tout va s’enchaîner alors que rares sont les cavaliers à suivre une trajectoire directe vers les plus gros concours. Désormais, je me rends compte à quel point c’est difficile de se maintenir au niveau 2-3*, d’avoir les chevaux pour y rester, d’être régulier et performant. Et j’ai réalisé que j’aimais aussi faire d’autres choses. »
De son côté, Léon a débuté une nouvelle collaboration avec Malena Dufour, une amie proche de sa sœur qui lui confie Hopeful de Blondel et Amalia, pour épauler son indissociable Verona V Z. Et si Qlassic Lil’ Boy CH, le fils d’Elisa, est sous la selle de sa sœur, il a pu débuter Cashmere de Rose, un fils de Rose de Roche CH par Cashpaid : « Ça m’a beaucoup amusé de lui faire faire ses premières foulées de trot et tout récemment son premier enchaînement. » S’il rêve de haut niveau, le champion genevois N 2019 s’imaginerait aussi travailler dans le sport. Qu’il s’agisse des chevaux confiés ou des rejetons de La Renfile, tous sont au cœur des préoccupations de la famille et de leur équipe. « On est complètement gagas de nos chevaux. Nous avons une chouette équipe qui est aussi passionnée que nous. On veut pouvoir évoluer dans le sport, mais avec des chevaux qui restent encore des chevaux. » De l’ambition, en toute simplicité et avec les pieds sur terre. Elisa Oltra


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