Éric Levallois dans son haras du Calvados, à Beaufour-Druval. Il compte désormais plusieurs annexes. © Céline Gualde Éric Levallois dans son haras du Calvados, à Beaufour-Druval. Il compte désormais plusieurs annexes. © Céline Gualde

Éric Levallois : « Il faut rêver les yeux ouverts. »

En 2002, une équipe de France de saut d’obstacles conquérante - quatre fins pilotes épaulés d’étalons selle français - devenait championne du monde en Espagne. Éric Levallois, 9e au classement individuel, était l’un de ses piliers. Il montait un Diamant de Semilly dont l’avenir de chef de race restait à écrire... Sept ans plus tard, un accident de voiture fracassa le destin du cavalier normand. Remis sur pieds au prix d’une rééducation héroïque, Éric Levallois s’est réorienté vers l’élevage, une activité qui le passionne et dont Dynastie de Beaufour, l’extraordinaire jument de Nina Mallevaey, est le joyau.

Des quatre cavaliers français champions du monde en 2002, Éric Levallois n’était pas à nos yeux le plus accessible. Il y avait quelque chose d’aristocratique dans son élégante silhouette – haute taille, gestes disciplinés, cheveux méticuleusement plaqués en arrière. L’homme n’a jamais eu besoin de parler fort pour qu’on l’entende. Une bonne vingtaine d’années plus tard, nous le retrouvons inchangé, les traits de son visage évoquant davantage ceux de son père Germain, l’un des éleveurs iconiques du selle français. La démarche d’Éric Levallois a perdu de sa souplesse – séquelles de l’accident qui l’a frappé en 2009. Mais de ce désagrément-là il fait son affaire, parvenant à discipliner son corps par la seule force de son esprit.

Éric Levallois a acquis en 1994 le Haras de Beaufour où étaient élevés des chevaux de course. « J’ai eu un vrai coup de cœur pour cette propriété trop chère pour moi. C’était un rêve de gosse d’avoir un haras de pur-sang. » Il attend plusieurs mois que le prix baisse, négocie avec les banques, vend un bon cheval pour financer son apport et obtient finalement ce lieu tant désiré et très typique du Pays d’Auge avec ses boxes coquets aux façades ornées de colombages. Éric quitte donc la structure de ses parents Micheline et Germain pour voler de ses propres ailes. « J’ai travaillé avec eux jusqu’à mes trente ans. Ils m’ont tout enseigné même si mon père parlait peu. Pour apprendre, il fallait surtout ouvrir les yeux ! Mon départ a certainement été dur à vivre pour eux mais ils étaient d’une génération qui ne se plaignait pas. » Le cavalier franchit les frontières de la Manche, berceau du selle français, pour s’installer dans le Calvados voisin. Un manège, une grande carrière font leur apparition au Haras de Beaufour où Éric Levallois n’arrive pas seul : il a avec lui un poulain de trois ans au physique de déménageur, Diamant de Semilly. Le cheval d’une vie, compétiteur et reproducteur hors normes.

Éric a été champion d’Europe jeunes cavaliers par équipe avec le père de ce crack, Le Tot de Semilly, en 1984. Diamant lui permet de poursuivre son ascension sportive avec comme aboutissement le titre mondial à Jerez en 2002. « Nous avons passé vingt-sept années ensemble mon cheval et moi. Il est mort ici à trente et un ans, en février 2022. Depuis quelques temps déjà nous devions l’aider à se lever. Il avait un box de trente-six mètres carrés sous vidéosurveillance. Une nuit j’ai vu qu’il n’allait pas bien. Vers 6h, je l’ai mis debout pour le lâcher au paddock, il faisait encore nuit mais je pensais qu’il serait mieux dans l’herbe. Il s’est couché et a décidé de ne plus se relever, il ne lançait pas  ses antérieurs vers l’avant comme d’habitude. » C’était le moment des adieux : les yeux d’Éric Levallois se mouillent encore lorsqu’il l’évoque.

Un élevage par Diamant, pour Diamant

Aux Mondiaux de Jerez en 2002, Diamant de Semilly était l’un des quatre étalons selle français de l’équipe championne du monde. © hippofoto.be Aux Mondiaux de Jerez en 2002, Diamant de Semilly était l’un des quatre étalons selle français de l’équipe championne du monde. © hippofoto.be

Le grand étalon bai reste très présent dans la vie de son ancien cavalier par l’intermédiaire de sa descendance : il est le fondement même de l’élevage de Beaufour. « Tous mes croisements ont été pensés pour lui correspondre. Mon frère Richard a conservé les souches de mes parents au haras de Semilly qu’il gère désormais. Je suis parti sur d’autres bases. Je voulais des juments étrangères avec de la force et des allures qu’on n’a pas toujours en France pour les marier à Diamant. J’ai fouiné en Europe pour trouver mes poulinières. Avec mes gains des championnats du monde de 2002, j’ai d’abord acquis deux juments belges, Bakkana (Kannan x Gold Star) et Biba (Toulon x Forever). J’aimais bien CassiniCorradoHeartbreaker... Les gens disaient que le croisement entre Diamant et Cassini produirait des chevaux trop lourds mais au premier essai il m’a donné Dynastie ! Dans mon élevage, Diamant ramène du sang. »

« Je n’ai pas recours à l’ICSI, je considère que c’est la rareté qui fait la valeur. »

Dynastie est la fille d’une jument italienne, Sophia di San Giovanni, elle-même issue de Cassini I. Elle fut achetée par Rachid al Maktoum sur les conseils d’Éric Levallois et concourut dans des épreuves à 140 cm. La même année que Dynastie, Sophia eut quatre autres poulains de Diamant, trois mâles et une femelle. Rachid al Maktoum ne souhaitant conserver que les mâles, Éric Levallois « hérita » des femelles ! Diamantina Beaufour évoluait en Grand Prix quatre étoiles avant d’être exportée vers les États-Unis. Sophia di San Giovanni a donné en 2025 un propre frère de Dynastie, très beau poulain bai foncé, et deux autres foals de Diamant sont « en cours de cuisson ».
Calypso de Beaufour, monté notamment par l’Irlandais Michael Duffy sur des épreuves à 160 cm, est issu du même style de croisement : Diamant de Semilly sur une mère allemande par Corrado I. Éric Levallois a poussé le vice jusqu’à acheter une fille de Diamant, Nyassa, avec une souche maternelle selle français on ne peut plus classique : on y retrouve les sangs de Double Espoir et Uriel. Croisée à un autre allemand, Calvaro Z, elle a donné la mère d’Enjoy de Beaufour, fidèle partenaire de Mélody Johner.
Si Éric Levallois a toujours aimé élever, son accident a été un déclic en stoppant net son parcours de cavalier. « Il fallait que je prenne une autre voie. Il se trouve qu’en décembre 2009, lorsque je me suis retrouvé à l’hôpital, j’avais vingt juments pleines et personne pour les faire pouliner dès le mois de mars. Mon ami Patrice Vimont, qui travaillait dans une entreprise de transport, m’a rendu visite. Au fil de la conversation, il a indiqué qu’il aimerait se reconvertir professionnellement, avoir plus de temps pour sa famille. Cela m’a trotté dans la tête, je l’ai convoqué le lendemain à 8h et à 8h30 il était embauché ! » Patrice Vimont est le responsable de l’élevage de Beaufour depuis lors, avec désormais quatre personnes pour l’épauler et un nouveau haras de quarante-cinq hectares sur la commune voisine de Bonnebosq.
« Patrice ne m’appelle jamais pour me dire s’il y a eu des naissances durant la nuit. Le matin je me lève et je vais voir si j’ai de nouveaux petits poulains, j’adore ça ! Je travaille beaucoup mes croisements mais suis capable de les modifier au dernier moment car je me remets sans cesse en question. Je réfléchis longtemps et reviens toujours in fine à mon instinct ! Je suis très satisfait de mes croisements pour 2026, il me tarde de voir les poulains dans la paille. » Éric Levallois n’utilise pas les jeunes étalons qui n’ont pas encore fait leurs preuves : « Tu fais des paris à trente ans, pas à soixante ! Je n’ai pas de temps à perdre. » Il a encore des juments exemptes du sang de Diamant mais pratique également l’inbreeding : Le Tot de Semilly  sur Diamant, Diamant sur Diamant... « Il est tellement améliorateur et c’est un père de mère extraordinaire ! » En 2023, Diamant de Semilly a d’ailleurs pris la première place au classement mondial des étalons, succédant à Chacco-Blue... qui lui-même avait détrôné Le Tot de Semilly en 2017 !

«Les chevaux ne sortent pas en concours à 4 ans et en 2025, les 5 ans ont aussi été dispensés de compétition. »

Le Haras de Beaufour abrite désormais soixante-cinq poulinières dont quelques-unes appartiennent à Sylvie, la sœur d’Éric. Il y a aussi une jument pur-sang et quelques trotteuses, car Éric est un fou d’élevageS au pluriel ! Le hongre Elie de Beaufour a fait sa fierté à Vincennes, le temple du trot, remportant trente et une victoires durant sa prolifique carrière. Éric Levallois n’a pas recours à l’ICSI (Injection intra-cytoplasmique de spermatozoïde technique), à laquelle il est philosophiquement opposé. « Ce n’est qu’une recherche de rentabilité, on fait du nombre et de l’argent et cela peut être douloureux pour les juments. Avec l’ICSI, certaines femelles ont plus de soixante poulains or je considère que c’est la rareté qui fait la valeur. » Éric utilise le transfert d’embryon, avec parcimonie dit-il, afin de ne pas fatiguer ses bonnes juments. « Je fais des transferts à trois et quatre ans, j’essaie de conserver des pouliches et d’élever d’une façon assez naturelle. J’évite que mes poulains arrivent trop tôt dans la saison. J’observe que les bons chevaux sont rarement nés en janvier ou février. »

Ne pas juger trop vite

Succès aidant, le Haras de Beaufour s’est beaucoup agrandi depuis sa création pour atteindre avec ses annexes 350 hectares. Une expansion indispensable en raison du grand nombre de poulains naissant chaque année…, mais aussi parce qu’Éric Levallois possède un superbe troupeau de vaches limousines, près de quatre-cents têtes ! « Leur présence est indispensable pour équilibrer les prairies et j’adore les bovins, c’est ma deuxième passion ! Quand j’en ai marre des chevaux, je vais voir mes vaches ! »
Éric a également acheté un autre haras proche de Beaufour, celui de Houlbec à Castillon-en-Auge. C’est là que les trois et quatre ans font leur apprentissage avec les cavaliers maison dont Francis Mas (intervenant passionnant lors du Forum sur l’enseignement organisé au dernier CHI de Genève, ndlr) vient superviser les séances trois fois par semaine, Éric gérant de son côté les « pilotes » du Haras de Beaufour où trente-cinq chevaux sont basés. Entre les diverses structures, l’entraînement et l’élevage – ou plutôt les élevages – Éric Levallois emploie désormais une vingtaine de personnes.
Les jeunes chevaux ne sortent pas en concours à quatre ans, et en 2025 les cinq ans ont aussi été dispensés de compétition. « Nos poulains s’entraînent à la maison, sont tondus, vont même sauter à l’extérieur. Mais je travaille beaucoup avec les États-Unis pour la commercialisation, or les Américains n’accordent pas d’importance aux résultats des épreuves jeunes chevaux. » Méticuleux, Éric Levallois prend des notes sur chaque poulain et évite de se forger une opinion trop rapide. « J’observe les quatre ans durant six ou sept séances à l’obstacle avant de réellement les juger. Bien souvent lorsque je relis mes notes quelques mois plus tard je ne les trouve pas pertinentes, car un cheval est souvent transformé, bonifié par le travail. Et pour moi le bon cheval est de toute façon celui qui rencontre le cavalier avec lequel il s’entend bien, quel que soit le niveau du couple. » Compétiteur dans l’âme, Éric Levallois considère le commerce et l’élevage comme « des challenges ». Il tient à exceller sur ces terrains comme autrefois sur ceux de saut d’obstacles. « L’élevage permet de rêver. Tu rêves du croisement idéal, tu attends la naissance et si tout se passe bien tu peux continuer à rêver quelques années de plus. Mais comme le disait toujours mon père : il faut rêver les yeux ouverts et les pieds sur terre ! »
Continuer à rêver d’un avenir pour pouvoir passer outre un destin brisé. Se relever et avancer même si des médecins vous ont annoncé que vous ne remarcheriez pas. Au-delà de ses croisements et des vertus de la bonne herbe normande, c’est bien la résilience d’Éric Levallois qui mène son élevage au sommet.

L’aventure américaine

Nina Mallevaey au CSIO 5* de Rome avec Dynastie de Beaufour, 3e du prestigieux Rolex Grand Prix. © hippofoto.be Nina Mallevaey au CSIO 5* de Rome avec Dynastie de Beaufour, 3e du prestigieux Rolex Grand Prix. © hippofoto.be

Margaux Spitzer, la compagne d’Éric Levallois, est franco-américaine, fille de Craig Spitzer, 2,15m, basketteur de la NBA qui évoluait au poste de pivot chez les Chicago Bulls ! Partie passer trois semaines aux États-Unis lorsqu’elle avait 19 ans, elle y est finalement restée une vingtaine d’années. La jeune femme s’est lancée dans le commerce des chevaux, de petits jobs lui permettant d’acheter ses premières recrues. Elle a réussi à établir au fil du temps un solide réseau pour son entreprise Papillon Sales Horses. Margaux et Éric vendent certes aux USA, mais ils ont surtout développé une activité de location de chevaux par l’intermédiaire des coachs qui, outre-Atlantique, encadrent les amateurs fortunés. Ils restent donc propriétaires des montures de saut d’obstacles ou de hunter même si certains contrats comportent des options d’achat. L’idée, que l’on pourrait comparer prosaïquement à une location de voiture de longue durée, est excellente et correspond à une réelle demande. Elle permet aussi de contourner l’écueil de la visite vétérinaire, une étape devenue tellement difficile à franchir et qui fait capoter un gros pourcentage des ventes. « Pour la clientèle américaine, il faut des chevaux routinés, beaux et braves, avec une bonne visite vétérinaire tout de même, explique Éric Levallois. Inutile de proposer un cheval compliqué ou qui s’arrête ! La demande est énorme pour louer des chevaux de hunter ou de CSO destinés à des épreuves de 120, 130, 140 cm... Pour schématiser, il faut un cheval de 140 pour faire des épreuves à 120 et l’argent n’est pas un problème. La location est assortie d’un cahier des charges précis, tout est programmé, notamment le suivi vétérinaire. » Une vingtaine de chevaux « de Beaufour » ont ainsi pris l’avion, Margaux Spitzer gérant tout l’aspect administratif, touffu notamment pour les juments et les entiers. Avec Éric, ils sont partis aux États-Unis cet automne pour un road-trip de trois semaines de la côte est à la côte ouest afin de rencontrer leurs clients et d’assurer le service après-vente. Ils ont eu le plaisir de revoir Dynastie de Beaufour à Wellington... mais aussi d’assister à des rodéos de taureaux, une passion méconnue d’Éric Levallois ! « C’est un spectacle qui me fascine ! Nous avons même assisté à la finale du championnat du monde à Las Vegas ! »

Un coach princier

Éric Levallois a été durant une douzaine d’années le coach de Latifa al Maktoum, nièce de l’émir de Dubaï et premier ministre des Émirats Arabes Unis. Il s’est également occupé de son frère Rashid et d’autres émiratis. Des élèves pas tout à fait comme les autres ! « J’avais vendu une jument à un cavalier de Dubaï. Après une première saison excellente, les choses se sont gâtées et on m’a demandé de venir l’entraîner à Dubaï. Je suis arrivé une petite semaine avant le concours et me suis mis au travail en montant la jument deux fois par jour.
Au paddock, une gamine avec son poney me barrait tout le temps la route. Je n’ai rien dit mais j’ai trouvé cela étonnant. Le jour du Grand Prix, avec son cavalier habituel, la jument a été sans faute, puis a fait quatre points sur le dernier obstacle du barrage. Le soir même on m’a demandé si cela m’intéressait d’entraîner la princesse al Maktoum. La gamine à poney, c’était elle ! Latifa avait 17 ans. À l’époque je ne parlais pas l’anglais donc nous avions besoin d’un interprète. J’ai répondu : « Okay, mais si je fais cela je veux un objectif, car on a tous besoin de buts. Latifa m’a demandé à quel objectif je pensais. Au culot j’ai répondu « les Jeux olympiques ». Elle a validé le projet ! Mais je pensais aux JO de Londres en 2012, or cinq ans plus tard nous étions à ceux de Pékin-Hong Kong ! ». 48e au classement individuel, Latifa al Maktoum fut la première femme à représenter les Émirats arabes unis aux Jeux olympiques.Elle montait l’exceptionnel Kalaska de Semilly dont elle était tombée amoureuse au premier regard, et qu’elle a absolument voulu acquérir même s’il était trop puissant pour elle et pouvait la déséquilibrer par son terrible coup de dos.
Éric se souvient d’une élève très attentive et désireuse d’apprendre, courageuse, avec une équitation très instinctive. Latifa étant de sang royal, il était interdit de lui toucher ne serait-ce que l’épaule. « Un jour j’ai posé une main sur son bras pour rectifier sa position. Un garde du corps m’a tapé sur l’épaule et m’a dit : on ne touche pas la princesse ! » La famille al Maktoum est restée fidèle à Éric Levallois malgré son accident, et l’a en un sens aidé dans sa convalescence : « J’ai fait cinq mois de rééducation à Granville durant lesquels j’ai souffert le martyr. Puis je suis sorti car Latifa arrivait avec tous ses chevaux. Je commençais à bouger un peu les jambes mais si je m’asseyais je ne pouvais plus me relever, j’étais comme un pantin. Je n’avais pas d’équilibre sans mes béquilles, mais je ne voulais plus entendre parler de séances de kiné, j’en avais trop bavé. La vie de tous les jours et le travail avec Latifa ont été ma rééducation. »
Quelques années après son accident, Éric Levallois a soudainement été terrassé par l’épuisement. « C’était un 12 décembre. J’ai appelé Latifa et lui ai dit : je suis trop fatigué, je ne peux plus vous entraîner. Faire travailler la princesse me demandait trop d’énergie et je n’avais réellement plus la force de continuer à ce moment-là de ma vie. » Les chevaux retraités de Latifa al Maktoum coulent aujourd’hui des jours tranquilles au haras de Houlbec. Le Français reste également en contact avec Rashid al Maktoum, pour lequel il a déniché en 2025 la toute bonne Diva DXB (Diva de la Tour Vidal).

Céline Gualde 


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