Grand homme de cheval, Jean-Jacques Fünfschilling nous a quittés
Eleveur passionné des cracks olympiques Gauguin de Lully CH et Grandeur de Lully CH ou du mondial Flirt de Lully CH, cavalier de complet de niveau international, chef de l’équipe suisse de complet quatre ans, ancien président de la FECH, le Bâlois de Lully/FR, qui avait tant de cordes à son arc, est décédé hier, à bientôt 84 ans.
Dans le prochain Cavalier Romand, nous rendrons l’hommage qu’il mérite à Jean-Jacques « Hansjoggi » Fünfschilling, décédé après quelques mois d’hospitalisation, lui le fringant passionné qui avait franchi ses 80 ans comme un jeune homme, toujours enthousiaste, au terme d’une vie faite de passions, le cheval en tête.
A Lully/FR, où le Bâlois s’était établi, il créa un élevage fameux dans le monde entier après les triomphes de Gauguin de Lully CH (par Chagall et par Gaspari), double vainqueur de la Coupe du monde de dressage (1987 et ’88), vice-champion olympique et du monde avec Christine Stückelberger. Et d’autres cracks de dressage, comme Flirt de Lully CH, victorieux de la Coupe du monde 2016 avec le Néerlandais Hans-Peter Minderhoud, ou de complet, comme Grandeur de Lully CH, 4e par équipe aux JO de Paris et victorieux de tant de 4* avec Robin Godel. Au total, quelques 200 poulains sont nés chez lui.
Le complet était la discipline de prédilection de Jean-Jacques, victorieux des championnats d’Europe ruraux en 1967, longtemps en lice et plus tard chef de l’équipe de Suisse durant quatre ans. Il créa aussi récemment le club suisse des propriétaires de chevaux de complet, l’Eventing Horse owners (EHO).
Comme éleveur, il fut cofondateur de la FECH, dont il prendra également les rênes. En 2017, à bientôt 75 ans, il décida de remettre le manège de Lully et l’élevage de… sapins qui finançait en partie celui des chevaux à ses deux enfants et de vendre le Domaine d’Orain, près de Châlon, qui avait un temps été le harem de Gauguin. On y faisait la monte en liberté.
Homme passionné, libre, enthousiaste et chaleureux, Hansjoggi, le plus bilingue des cavaliers suisses, aura vécu pour sa passion et se sera fait de très nombreux amis, comme on avait encore pu le constater lors de la fête pour ses 80 ans, au-haut de sa jolie colline fribourgeoise. Il aura mis de la vie dans tout ce qu’il faisait. A sa compagne Jacqueline, à ses deux enfants, Gaby et Simon, à ses petits-enfants, à sa soeur et à son frère Urs, qui, avec son épouse Daisy, a aussi consacré sa vie au cheval et à l’élevage, vont nos condoléances émues et sincères.
Alban Poudret












