Ben Maher Explosion W Windsor 21 photo Kit Houghton-Rolex Ben Maher et Explosion W à Windsor, photo Kit Houghton-Rolex

Les Grands Prix de l'été et des paroles de l'éleveur William Funnell

Dans les coulisses du Rolex Grand Slam et des Grands Prix de l'été, avec des confidences de William Funnell, cavalier et éleveur

Pendant que vous patientez jusqu’au prochain Majeur du Rolex Grand Slam of Show Jumping, le CSIO Spruce Meadows ‘Masters’ qui aura lieu du 8 au 12 septembre 2021, nombre d’épreuves Rolex Grands Prix sauront aiguiser votre appétit. À compter du 23 juin et pendant trois semaines, le Knokke Hippique parrainé par Rolex a fait participer des chevaux et cavaliers de tous niveaux : futures stars dans la catégorie des Jeunes chevaux, épreuves de saut d’obstacles renommées dans le monde entier, et chaque dimanche, un Grand Prix Top Series CSI3*. Jérôme Guery et Quel Homme de Hus ont remporté avec brio le Rolex Grand Prix du dimanche 27 juin.

Du 1er au 4 juillet, les regards se sont tournésa vers le CHI Royal Windsor Horse Show, dans le parc privé du château de Windsor.Le point culminant de cette compétition, le Rolex Grand Prix du dimanche 4 juillet, à été remporté par Ben Maher et Explosion W, devant Steve Guerdat (Venard de Cerisy) et Martin Fuchs (Clooney).

Rendez-vous maintenant à l’hippodrome de Chantilly du 8 au 11 juillet pour le Masters of Chantilly, avec le dernier jour l’épreuve-phare : le Rolex Grand Prix. Ce tout nouvel événement, parrainé par Rolex qui sera également responsable du chronomètre, aura lieu devant le Château de Chantilly et ses grandes écuries, suite à quatre spectaculaires journées entières de compétition.

À partir du 30 juillet et pendant quatre jours, le Centre équestre du Val Porée accueillera le Jumping International de Dinard CSI5*, qui culminera le dimanche 2 août par le Rolex Grand Prix. À quelques pas de la mer, Dinard sera témoin d’incroyables prouesses équestres époustouflantes de précision. Très populaire dans le circuit du saut d’obstacles mondial, cet événement accueillera une fois encore les meilleurs couples cavalier-cheval au monde, venus là pour remporter le Rolex Grand Prix de la Ville de Dinard.

Comm.

Et les confidences de William Funnell, de Billy Stud...

Quel est votre premier souvenir lié aux chevaux ? 

Je devais avoir quatre ou cinq ans, je montais un minuscule Shetland noir. J’ai eu la chance d’avoir grandi dans une ferme, près du village de Challock dans le Kent, en Angleterre. Quand on est fils d’agriculteur, on grandit tout près des animaux, et dans mon cas de chevaux et de poneys. J’ai eu une enfance vraiment idyllique à la campagne. 

Quel est votre plus grand moment de fierté professionnelle jusqu’ici ? 

J’adore représenter mon pays lors des épreuves en équipe. L’un des moments les plus mémorables a sûrement été les Championnats d’Europe à Herning [en 2013], et le Derby d’Hickstead. Petit, j’avais l’habitude de regarder le Derby à la télévision. Alors quand je l’ai remporté, de nombreuses années plus tard, j’étais aux anges ! Et puis j’ai eu la chance d’avoir participé plusieurs fois à la Coupe des Nations en équipe, et ça a toujours été de grands moments.

Le couple cavalier-cheval est souvent crucial, est-ce un élément qui rentre en compte lorsque vous vendez un cheval à quelqu’un ? 

Un éleveur doit savoir laisser partir ses chevaux, et c’est parfois difficile, car les meilleurs cavaliers ne sont pas toujours les plus fortunés. On essaie de trouver un équilibre. Ça ne sert à rien de vendre un cheval de niveau Grand Prix à un simple amateur. Il faut absolument trouver la bonne paire : pour que notre cheval puisse se faire connaître, il faut qu’il se présente à des concours prestigieux, et donc qu’il soit monté par un cavalier de talent.

Donnez-nous un aperçu rapide du quotidien à l’élevage  Billy Stud... 

Tout roule aujourd’hui comme sur des roulettes. Donal Barnwell, mon associé, s’occupe du poulinage et de tous les besoins des chevaux jusqu’à trois ans d’âge. Ensuite, il me les confie pour le débourrage. On évalue leurs performances et leur potentiel en saut d’obstacles, puis on essaie de développer ces capacités avant de trouver un acheteur. Le but est de laisser partir chaque cheval au moment opportun.

Chaque année, on a en moyenne 100 gestations, dont beaucoup proviennent d’un transfert d’embryons, qui a un taux d’absorption de 10 à 15 pour cent. On produit entre 80 et 85 poulains, dont on retrouve entre 70 et 80 après trois ans d’âge, le printemps venu. L’écurie emploie sept ou huit cavaliers, dont moi et Pippa. Nous avons trois carrières, dont deux en herbe, et un manège. On peut donc faire beaucoup de choses à la maison, avant même de les emmener en compétition, ce qui coûte cher. On a déjà quelques parcours d’obstacles différents sur lesquels leur apprendre leur métier.

Quelle est votre principal objectif professionnel en tant que cavalier et éleveur ? 

J’arrive à la fin de ma carrière de cavalier. J’aurais adoré aller aux Jeux olympiques cette année avec l’un de nos chevaux. Il faut faire partie des 30 meilleurs cavaliers du pays, et je ne crois pas que quelqu’un ait déjà réussi à se hisser à ce niveau avec ses propres chevaux. Je suis sûrement le seul cavalier à ne monter que ses chevaux à lui, et je suis très fier de ce statut. Alors évidemment, monter un cheval que j’ai élevé aux Jeux aurait été idéal, mais on ne sait jamais, j’aurai peut-être encore l’occasion ! Heureusement, j’ai le même plaisir à regarder un autre cavalier concourir sur un cheval de mon écurie. J’espère élever des chevaux d’une qualité suffisante pour les confier aux bonnes personnes, avec qui ils pourront participer aux Jeux olympiques et à d’autres concours renommés à l’avenir.

Quelles montures nées à Billy Stud font actuellement preuve de performances exceptionnelles sur le circuit ?  

Il y en a plusieurs, en Europe et en Amérique. Pippa, ma femme, a monté l’un de nos chevaux aux Jeux olympiques de Rio. Les chevaux issus de notre élevage participent à des concours de tous niveaux. Malheureusement, je ne crois pas avoir la monture qu’il faut pour les Jeux de cette année.

De quels chevaux en particulier êtes-vous le plus fier ? 

De Billy Congo, médaillé d’or à Herning. C’était je crois le premier étalon du Global Champions Tour en termes de gains : une année, il a gagné 300 000 livres sterling sur le tour. J’ai aussi remporté un Grand Prix 5* avec lui, sans oublier le Hickstead Derby. Et puis j’ai aussi concouru sur Billy Buckingham, son fils.

Au-delà de l’élevage, quels sont vos rêves et ambitions ? 

Je suis d’avis qu’il est toujours possible de s’améliorer. Je ne veux pas forcément étendre davantage notre élevage, mais je pense qu’on peut encore et toujours perfectionner ses processus. Nous apprenons sans cesse de nouvelles choses, et j’aurais aimé avoir les connaissances et les chevaux qu’on a maintenant il y a 20 ans !

Est-ce que vous servez de mentor à un autre cavalier ? 

Oui, Pippa et moi donnons un coup de main à Joe Stockdale, le fils de feu Tim Stockdale. Il a fait de bonnes performances cette année, avec deux sans-fautes à la Coupe des Nations. J’ai beaucoup de plaisir à le voir concourir.

Des cavaliers britanniques de talent émergent en ce moment, comme Jack Whitaker. Il y a un temps, quand je disputais des concours à Nick Skelton, John Whitaker ou son frère Michael, j’étais le plus jeune de l’équipe. Mais maintenant que Nick [Skelton] a pris sa retraite, j’ai l’impression d’être l’un des plus vieux ! Ceci dit, c’est sympa de voir tous ces jeunes et leurs parents. Le saut en équipe est une partie important du saut d’obstacles, que j’ai beaucoup appréciée durant ma carrière.

Le Rolex Grand Slam est-il selon vous une bonne chose pour le saut d’obstacles ?  

Quand Scott Brash a remporté le Grand Slam, c’était super. C’est un véritable exploit, en particulier aujourd’hui, alors que les cavaliers gèrent très bien leurs montures. Les épreuves sont toutes très différentes, et les remporter toutes peut sembler impossible, surtout celles qui rassemblent les meilleurs couples du sport mondial. C’est très, très impressionnant. Le cheval et le cavalier doivent tous deux être au top de leur forme, et donner une performance exceptionnelle le jour J pour arracher la victoire aux autres participants.

Le Rolex Grand Slam a incité de nombreux cavaliers à participer aux épreuves, qui en retour reçoivent davantage de publicité. Ce concept qui rassemble quatre sites légendaires est à mon avis  une très bonne idée.  Ces épreuves ont toujours été les plus difficiles à gagner, et avec la récompense qui attend le vainqueur, tout le monde veut tenter sa chance.

Parmi les Majeurs, quel est votre préféré ? 

Aix-la-Chapelle et Calgary sont toujours très spéciaux à mes yeux, car j’ai toujours préféré une piste en extérieur. Le mélange offert par le Rolex Grand Slam (Genève et The Dutch Masters ayant lieu à l’intérieur) permet de rajouter du piquant à la compétition. Mais comme j’ai toujours mieux réussi en extérieur, ma préférence va aux deux premiers. 

Qui vous a le plus inspiré dans votre vie et votre carrière ? 

J’ai toujours eu beaucoup d’admiration pour John Whitaker. Sa manière de monter et son rapport aux chevaux n’ont jamais cessé de m’impressionner.

Quel est le meilleur conseil que vous ayez jamais reçu ?  

John [Whitaker] m’a dit un jour qu’en partant sur de bonnes bases, le reste suit naturellement. On a tendance à oublier les choses simples ! 

Comm.

 


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